Le cas Mélenchon – Est-il un dictateur en puissance ?

Jean-Luc Mélenchon semble avoir oublié qu’il a perdu les élections présidentielles : rappelons-lui donc qu’il est arrivé 4ème derrière François FILLON… Amer, rageur, rancunier, jeté dehors par les urnes, il souhaite ré-entrer par la rue, les manifestations, les blocages institutionnels, les grèves…

Est-on encore dans le jeu démocratique lorsque l’on veut imposer aux autres un programme pour lequel on n’a pas été élu ? Est-on respectueux des institutions lorsque l’on empêche la représentation nationale de travailler ? Vociférer, hurler, crier au complot, dénoncer, jouer la victime permanente, haïr ce qui ne pense pas comme soi, ne fait pas d’un personnage publique un personnage légitime, seulement un opposant aigri qui aimerait tant être calife à la place du calife.

L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. Selon Jean-Jacques ROUSSEAU.

Chez Jean-Luc Mélenchon, tout est dans le nom : lorsque l’on est « Insoumis », on ne respecte rien, et surtout pas les lois de la majorité, celle de la république. La seule loi qu’il accepterait de respecter serait la sienne, sa minorité, sa vérité, une et indivisible. Et puisque, par définition, la vérité ne peut être qu’unique, nul besoin d’opposition. Tous les régimes de la gauche extrême, arrivés au pouvoir depuis que le monde existe (Cambodge, Viet-Nam, RDA, Pologne, Russie, Cuba, Chine, Algérie, Roumanie,…) ont commencé par couper les têtes qui ne pensaient pas correctement, puis instaurer le régime du parti Unique et enfin un système d’élections joué d’avance où le seul candidat était celui du Parti. Ils ont ensuite construit des murs, tiré des kilomètres de barbelés pour empêcher « leur paradis » de se vider de ses ouailles.

Jean-Luc Mélenchon est sorti du jeu démocratique. Il n’accepterait aucune institution qui ne serait pas sortie de son cerveau intergalactique, aucune loi écrite par d’autres mains que les siennes expertes. Avec 15 députés, il s’est promis de révolutionner (au sens propre du terme) notre Vème République, de nous construire un paradis français. Il est alors fort probable qu’il soit contraint d’acheter des bétonnières géantes pour obliger ses compatriotes à rester dans ses murs et ainsi profiter à plein de ses bienfaits, fusse à coup de bottes.

Le terme « démocratie » résonne dans sa bouche toutes les deux phrases. Pourtant, tout en lui respire le dictateur en puissance, son verbe, ses attitudes, son complotisme rémanent.

Un ancien de LFI témoigne : Thomas Guénolé dans Marianne

Thomas Guénolé : Je suis arrivé à LFI en été 2017, très enthousiaste pour servir l’idéal politique du mouvement avec lequel je reste d’accord. J’ai été dans la situation de L’Idiot de Dostoïevski : ce personnage qui n’est mû que par l’idéal et tarde à voir ce qu’il devrait voir. Pendant un peu moins d’un an, je me suis consacré avec Manon Le Bretton au dispositif de formation politique des militants, sans contacts fréquents avec l’appareil central. Arrive l’été 2018 : je me porte volontaire pour être candidat aux élections européennes, acceptant une place non éligible dès le départ. Fin août, la placardisation de Charlotte Girard est un premier voyant rouge pour moi. A cet instant, je n’ai plus mes lunettes roses ; je commence, comme des milliers de militants, à entrer dans un processus de dissonance cognitive. Je détecte de plus en plus d’éléments dans la machine qui sont contraires à l’idéal affiché. Cela aboutit à une rupture quand la balance est trop déséquilibrée du côté négatif. Les purges me font prendre conscience que les lanceurs d’alerte sur le fonctionnement dictatorial sont calomniés, placardisés, bannis, ou un mélange des trois. Pendant les fêtes de fin d’année 2018, je me demande quand je dois partir, et pas si je dois partir. Je décide d’attendre juin 2019 parce que je ne voulais pas lâcher les militants de terrain en pleine bataille électorale. Rétrospectivement, c’était une erreur, j’aurais dû quitter la France insoumise dès janvier. Il me paraît évident que le procès interne qui m’a été fait sur la base d’un dossier vide avait pour but de disqualifier d’avance ma parole critique avant qu’elle devienne publique, en provoquant ma mort sociale par déshonneur.

J’ai cru pendant de nombreux mois à la légende du « gentil Jean-Luc » et de la « méchante Sophia ». Ça n’a aucun sens : ces deux personnes fonctionnent en symbiose, ils sont une seule et même entité politique. Puisqu’ils ont voulu organiser LFI comme une dictature à leur solde, ils portent ensemble l’entière responsabilité de l’autodestruction de la maison Mélenchon. Les cadres de l’appareil central qui sont restés se partagent entre les suivistes sous emprise et ceux qui sont des rouages actifs du fonctionnement dictatorial.

Un commentaire

  1. Mélanchon a dévoyé le mot insoumis. C’était un beau mot, synonyme de courageux, de libre, de responsable. Un insoumis était quelqu’un qui disait non sans se cacher, prêt à assumer les conséquences de ses actes. Aujourd’hui celui qui se dit insoumis vit son insoumission par procuration devant son poste de télévision ou bien au chaud dans la foule d’une manif à reprendre à tue tête les slogans qu’il entend. Il n’a plus besoin d’avoir des idées originales. Un insoumis est désormais un militant docile de la France Insoumise. Tout fout le camp, même l’insoumission c’était mieux avant.

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