Brève histoire des systèmes politiques

Aristote en était convaincu : l’homme est un animal politique, il a une propension naturelle à vivre en société, à se grouper en familles, tribus, villages, villes, nations… En quittant son état de nature, son isolement, en créant des communautés, il découvre les difficultés liées à la collectivité qui suppose de multiples interactions entre des individus qui ne pensent pas la même chose. Pour éviter les conflits, une guerre permanente entre des intérêts divergents, les hommes décident de fixer des règles de vie. Le cas échéant, ils désignent le (ou les) plus sage pour les guider ; ce dernier, Sorcier, Sachem, philosophe, Pharaon, Seigneur, Roi, Empereur, Président ou Führer…, incarne l’autorité. Il s’entoure parfois de conseillers pour l’aider dans sa tâche et forme un gouvernement.

Se posent alors d’inévitables questions, comme, par exemple :

  • qui est légitime pour incarner l’autorité ?
  • qui est légitime pour le désigner ?
  • y a-t-il une limite à son autorité ?
  • quel est le but ultime du gouvernement : la justice, l’égalité, la liberté, le bonheur, la fraternité, la souveraineté nationale ?
  • quelle est la meilleure forme de gouvernement ?
  • faut-il distinguer et séparer les pouvoirs ?
  • ou , au contraire, faut-il supprimer toute autorité et fonder des sociétés coopératives ?…

Toutes ces questions (et bien d’autres) circonscrivent le champ de la politique. Depuis que le monde est monde, les hommes ont pensé avoir trouvé le Graal. A chaque fois, ce fut pour être démenti par les faits, comme si le gouvernement idéal n’existait pas et devait être l’objet d’une recherche perpétuelle. Une sorte de dialectique Hégélienne sans fin : une révolution chasse une monarchie et installe une république. La république est ensuite contestée par un empire, lui-même remplacé par une nouvelle monarchie, qui succombe à son tour sous les coups de boutoir d’une nouvelle révolution qui installe une nouvelle république…

Brève histoire des systèmes politiques

La Chine

La Chine connait au VIII ème siècle avant JC une période prospère dite des printemps et automne. C’est une constellation d’États autonomes qui vivent en relative harmonie. Les écoles de pensée fleurissent un peu partout. Au IIème siècle avant JC, les guerres entre États font rage et l’art de la guerre devient un paramètre essentiel à considérer en politique. SUN ZI écrit alors l’art de la guerre.

CONFUCIUS (VIème siècle avant JC – L’invariable milieu)

Il propose un système basé sur les valeurs traditionnelles. L’état, selon le penseur chinois, doit être dirigé par un sage vertueux (dont l’exemple est capable de diffuser dans le peuple), entouré de conseillers compétents.

Celui qui gouverne un peuple par la Vertu est comme l’étoile polaire qui demeure immobile, pendant que toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle. Confucius

Son système est basé sur la méritocratie (tout sujet qui prouve sa compétence peut devenir un conseiller, peu importe sa condition sociale). Il veut également se passer de la religion pour fonder une justice humaniste ; une justice faite par les hommes pour les hommes, en définissant « une règle d’or » :

Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse. Confucius.

La Grèce

La démocratie constitutionnelle (Périclès) naît à Athènes à peu près en même temps que Confucius. En 594 avant JC, Solon définit les principes des cités-Etat qui ouvrent une première route vers la Démocratie. Les sophistes, en particulier Protagoras, pensent que la loi doive être fondée par les hommes et non reflétée des lois naturelles. La démocratie est certes pionnière, mais aussi imparfaite : les femmes, le petit-peuple, les esclaves en sont exclus. Socrate est condamné à mort pour avoir contesté les principes de la société athénienne.

PLATON (427-347 avant JC) – La République)

Platon propose sa « société idéale », gouvernée par des sages « des Philosophes-Rois », a priori à l’abri des tentations d’abus de pouvoir. Ces derniers, reconnaissables à leurs dons naturels, doivent être très jeunes extraits de leurs familles et être éduqués pour garantir leur loyauté envers L’État. Platon pense que toutes les autres formes de gouvernements dégénèrent en tyrannie, car le dirigeant privilégie toujours ses intérêts.

La démocratie devient tyrannie. Platon.

L’État doit promouvoir les vertus telles que la piété, la sagesse et la justice.

La démocratie est un gouvernement qui dispense une sorte d’égalité, aussi bien à ce qui est inégal qu’à ce qui est égal. Platon.

ARISTOTE (384-322 avant JC – Politique)

L’homme est un être naturellement social qui se regroupe en foyers, villages, puis cités. Il trouve son humanité dans ce « vivre ensemble » en créant une société à partir de sa raison. Le but du gouvernement est de promouvoir les vertus (naturellement présentes chez l’homme), telles que la justice, la bonté ou la beauté.

De bonnes lois produisent le bon ordre. Aristote.

Il n’y a pas besoin de contrat social chez Aristote, puisque cet assemblage (la société) se fait naturellement. Aristote voit 6 formes de gouvernements possibles :

  • la monarchie (le pouvoir d’un seul) qui dégénère (parce qu’il privilégie ses seuls intérêts) en tyrannie ;
  • l’aristocratie (le pouvoir de quelques-uns) qui dégénère en oligarchie ;
  • la république (le pouvoir de la multitude) qui dégénère en démocratie.

La meilleur option est pour Aristote la république.

Le principe du gouvernement démocratique, c’est la liberté. Aristote.

Le christianisme

L’installation du christianisme a pour conséquence de perdre tous les acquis grecs et romains, du point de vue scientifique, mais aussi politique. Avec l’apparition de ce monothéisme, la seule forme de gouvernement possible est d’essence divine. Le monarque est le représentant de Dieu sur terre et est, par conséquent, incontestable. Il décide de tout. Le pouvoir se sépare petit à petit en deux espaces : temporel (incarné parle Roi) et spirituel (incarné par le clergé). Les deux espaces se sont protégés l’un l’autre pour un bénéfice mutuel qui dura 1000 ans.

SAINT-AUGUSTIN (354-430 – La cité de Dieu – Du libre arbitre)

Saint-Augustin cherche à fondre la philosophie de Platon dans le dogme chrétien. Comme tout bon citoyen romain, il met la justice à l’honneur.

Sans justice, que sont les gouvernements sinon de magistrales bandes de voleurs ? Saint-Augustin.

Sans véritable justice, il ne peut y avoir association d’hommes sous un droit consenti. Saint-Augustin.

La finalité de l’État est d’offrir à ses concitoyens une vie heureuse et vertueuse. Il voit un monde coupé en deux entre la cité de Dieu (Civitas Dei titre de son livre) et la cité terrestre (Civitas terrea) où le péché domine. Il faut donc que le droit divin soit la référence pour rédiger les lois.

Saint-Augustin est aussi l’inventeur du concept de « Guerre juste« . Défendre un État ou rétablir la paix sont des causes qui justifient une guerre.

SAINT THOMAS d’AQUIN (1225-1274 – Somme théologique)

Pour saint Thomas d’Aquin, l’État a vocation à rendre ses sujets heureux. La justice est la vertu politique par excellence. Les lois doivent servir l’intérêt du peuple dans son ensemble. Il ouvre une brèche, en expliquant qu’un gouvernement peut être païen. Le droit doit être « une ordonnance de la raison en vue du bien commun » (et non imposé par l’Église). Voilà qui est révolutionnaire.

La paix véritable est plus de l’ordre de la charité que de la justice, cette dernière ayant pour finalité d’écarter les obstacles à la paix. Saint-Thomas d’Aquin.

La notion de guerre juste est reprise par le penseur italien qui la cautionne lorsqu’elle a pour finalité de défendre le bien contre le mal.

Nicolas MACHIAVEL (1469-1527 – Le Prince)

Pour Nicolas Machiavel, la moralité du chef de l’État passe après le bien-être de l’État. Le chef sera jugé sur ses résultats (et non-pas sur les moyens employés) et doit donc user de l’intrigue, de la ruse, du mensonge…

Dans les actions des hommes et surtout des princes, on considère la fin plutôt que les moyens employés. Nicolas Machiavel.

Il doit savoir exploiter les faiblesses de son peuple pour en obtenir de grandes choses « Jamais un prince n’a manqué de motif légitime pour colorer son manque de foi ». Machiavel est un républicain opposé à l’intervention de l’Église dans les affaires de l’État.

Comme il est difficile de faire coéxister l’amour et la crainte, à choisir, il est plus sûr d’être craint que d’être aimé. Nicolas Machiavel.

Voilà qui inspirera MUSSOLINI qui affirma s’inspirer du Prince de Machiavel.

Les Lumières

Après des siècles d’obscurantisme, de stagnation scientifique, qui trouvent leur apogée avec la monarchie absolue de Louis XIV, La Boétie, Montaigne, Voltaire, Rousseau, d’Holbach et bien d’autres battent en brèches la logique scolastique. Progressivement, l’idée de lois fondées sur la raison critique et non-plus sur les textes sacrés fait son chemin. Tocqueville montrera plus tard que le retrait des Nobles des campagnes voulu par Louis XIV permit l’émancipation et l’éducation de la bourgeoisie : le vers révolutionnaire était dans le fruit.

La Boétie (1530-1563 – Discours sur la servitude volontaire)

Peut-être fut-il le premier. Il s’interroge sur un fait étrange : des millions de sujets acceptent, semble-t-il docilement, de travailler depuis des siècles comme des esclaves pour le bonheur d’un monarque (en l’occurrence François Ier) qui leur confisque à peu près tout. La Boétie cherche à comprendre les raisons de cette servitude volontaire. Il l’explique par la tradition, l’habitude par le fait que ces sujets ne connaissent que ce système politique, cautionné par l’Église. Or il leur suffirait de ne plus servir pour que ce même monarque perde son seul moyen de subsistance et que la monarchie s’écroule comme un château de cartes.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. La Boétie.

La Boétie démonte les rouages pyramidales d’une tyrannie : le tyran fait appel à quelques « complices de sa cruauté », qui à leur tour ont des hommes de main qui lui soumettent le pays. Chacun a un intérêt à défendre dans l’engrenage. Ces intérêts font le ciment de la tyrannie.

La Boétie est vue parfois comme le premier anarchiste.

Thomas HOBBES (1568-1679 – Le Léviathan)

Thomas HOBBES pense que « l’homme est un loup pour l’homme ». L’état de nature est un état de guerre permanente de tous contre tous.

De cette guerre de tous contre tous résulte que rien ne peut être injuste. Sans pouvoir commun, pas de loi, sans loi, aucune injustice. Thomas HOBBES.

Pour éviter la guerre de tous contre tous, les hommes s’accordent sur un Contrat Social de soumission à une autorité tierce, garante de la protection des individus.

L’obligation des sujets envers le souverain est censée durer aussi longtemps, mais pas plus, que le pouvoir est capable de les protéger. Thomas HOBBES.

Ce souverain doit jouir d’un pouvoir absolu indivisible et sans limite pour prévenir le chaos. S’il faillit, le contrat social est rompu.

Sans un pouvoir qui les tienne en respect, les hommes sont dans cet état qu’on appelle guerre . Thomas HOBBES.

Thomas HOBBES semble être un nostalgique de l’absolutisme. Il prône un État fort, un Léviathan, un mal nécessaire à la vie en société.

John LOCKE (1632-1704 – Les deux traités du gouvernement)

Les hommes sont des agents rationnels indépendants et jouissent de droits naturels. Ils se rassemblent en société (comme chez Aristote) pour qu’elle les protège. Le but de la loi est de garantir et promouvoir la liberté, dans le cadre d’un contrat social (comme chez Hobbes).

Partout où vivent des êtres sensibles à la loi, s’il n’y a pas de lois, il n’est point de liberté. John LOCKE.

Locke est le père du libéralisme : il souhaite une intervention de l’État limitée à des champs restreints (garantir la propriété privée, la paix, la liberté et la prospérité de chacun). En ce sens, il est l’un des inspirateurs de la Révolution Française.

MONTESQUIEU (1689 – 1755 – De l’esprit des lois)

Il est le rhétoricien de la séparation des pouvoirs en trois branches (trias politica) :

  1. exécutif (appliquer les lois) ;
  2. législatif (adopter les lois) ;
  3. judiciaire (interprétation des lois.

pour créer un équilibre porteur de stabilité et ainsi prévenir la tendance naturelle des gouvernants à la tyrannie

La corruption de chaque gouvernement commence presque toujours par celle des principes. Montesquieu.

Benjamin FRANKLIN (1706-1790 – Constitution des états unis d’Amérique)

Il rejoint Confucius dans le concept de vertu (notamment entrepreneuriale) et de méritocratie. Il encourage l’esprit d’entreprise et dénonce :

  • les aristocrates (les dirigeant) « oisifs » ;
  • leur préférant les entrepreneurs utiles (les citoyens qui qui se préoccupent d’abord du bien public), travailleurs et vigoureux, de bons citoyens finalement.

Ne perdez pas de temps, employez-vous toujours à l’utile, entreprenez le nécessaire ». Benjamin FRANKLIN.

Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778 – Du contrat social)

La liberté est l’essence même de l’humanité. Il faut la garantir y compris dans une société régie par des lois. Il réfute l’idée de Hobbes d’un homme naturellement « mauvais ». C’est au contraire la vie en société qui le corrompt. Voilà qui scandalisera les grands explorateurs (Magellan, Cook, Bougainville, De La Pérouse qui constateront que, sur les continents inexplorés, ne vivent pas que des « bons sauvages », mais aussi des anthropophages, des voleurs, des criminels, des individus qui n’hésitent pas à offrir leurs femmes pour une bout de métal brillant…).

Il part tout de même de cette hypothèse (du « bon sauvage ») pour établir les fondements de son Contrat social dont le but est de garantir la liberté.

L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est la liberté. Jean-Jacques ROUSSEAU.

Il s’oppose encore à Hobbes qui voyait dans la loi une restriction des libertés. La loi doit garantir la prédominance de l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Il est le penseur de la révolution, inspirant notamment Robespierre et Desmoulins, presque devin :

Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions. Jean-Jacques ROUSSEAU.

Il dénonce aussi les abus de la propriété privée :

Vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tout le monde et que la terre n’est à personne. Jean-Jacques ROUSSEAU.

Jean-Jacques ROUSSEAU inspirera de nombreux mouvements de gauche par la suite qui reprendront les grands principes :

  • le développement de la liberté et de l’égalité est possible ;
  • la loi et l’État sont en mesure d’améliorer la société ;
  • la légitimité de l’État dont la source est le peuple souverain.

Le temps des révolutions

Le monolithe chrétien finit par tomber. Les penseurs de la révolution vont écrire une déclaration des droits de l’homme et du citoyen et surtout une constitution en mettant Dieu de côté. La loi est écrite par les hommes pour les hommes. Il n’y a plus de hiérarchie naturelle liée à la naissance. Il n’y a plus que des habitants de la cité : les citoyens. Toutefois, la logique d’une égalité parfaite se heurtera aux dures réalités, Gracchus Babeuf , l’auteur de la conjuration des égaux, premier communiste finira sur l’échafaud.

Emmanuel KANT (1724-1872 – Critique de la raison pratique)

Le bonheur n’est pas le but (premier) d’un gouvernement : en effet, le bonheur se ressent différemment selon les personnes et on ne peut donc se fonder sur lui pour définir un mode de gouvernement.

Personne ne peut me contraindre au bonheur (selon sa conception). Emmanuel Kant

La loi ne doit donc pas, en premier lieu, s’intéresser au bonheur qui est l’affaire de chacun. L’État doit s’occuper uniquement de protéger les droits et les libertés des individus. En d’autres termes, ce n’est pas à l’État de gérer des musées, des théâtres, ou même construire des hôpitaux. L’État construit un écosystème dans lequel l’individu peut s’épanouir, trouver sa propre définition du bonheur.

La loi doit faire l’objet d’un accord, s’appliquer à tous, refléter la volonté commune et protéger le intérêts de chacun.

Le droit est la limitation de la liberté de chacun. Emmanuel KANT.

Il introduit la notion d’impératifs catégoriques (qui ne se discutent pas, que l’on voudrait voir universellement appliqués et dont la loi doit s’inspirer) pour permettre la vie en société : par exemple l’interdiction de brûler un feu rouge.

Edmund BURKE (1729-1797 – Réflexions sur la révolution de France)

BURKE est traumatisé par les excès de la révolution française, notamment pendant la terreur instauré par ROBESPIERRE (qu’il avait prédit). Il en tire la conclusion qu’il convient de maîtrise les passions des hommes qui ne doivent surtout pas influer sur la politique. Il s’oppose à la notion de droit naturel de ROUSSEAU, séduisante sur le papier, mais menant à de graves dérives, les hommes trouvant toujours une infinité de droits à réclamer. Il préfère en cela une continuité sage de la société, de ses traditions, m^me de ses inégalités, avec, le cas échant, un bon monarque, préférable aux hordes enragées des révolutionnaires.

Le gouvernement est une création humaine qui vise un objectif : répondre aux besoins d’une société. Force est de constater que certains besoins entrent en conflit. Le gouvernement joue alors le rôle d’arbitre : les lois sont là pour maîtriser les passions des individus. La foule (et non-pas l’individu) doit faire l’objet de contraintes émanant d’un pouvoir extérieur. BURKE dénonce les excès de la révolution française, la Terreur imposée par Robespierre entre 1793 et 1794. Thomas PAINE lui répondra.

Thomas PAINE (1737-1809) – Le sens commun – Les droits de l’homme)

En 1649, l’Angleterre connait sa glorieuse révolution. Olivier CROMWELL, dépose le Roi Charles Ier et installe une république éphémère, bien vite remplacée par une monarchie parlementaire.

Thomas PAINE, un siècle plus tard, se veut l’héritier des idées démocratiques de CROMWELL, plaidant notamment pour l’émancipation des colons américains de la couronne britannique et contre la monarchie. Il explique le besoin de lois par la complexité des relations entre les hommes et plaide pour une démocratie représentative. Il s’oppose au conservatisme de BURKE en reconnaissant à chaque génération le droit de choisir ses institutions. La vertu n’est en effet pas héréditaire :

Quand nous travaillons pour la postérité, souvenons-nous : la vertu n’est pas héréditaire. Thomas PAINE.

Il dénonce le droit de vote censitaire accordé aux propriétaires qui établissent les lois en fonction de leurs intérêts.

Lorsque le riche protège les droits du pauvre, le pauvre protège la propriété du riche. Thomas PAINE.

Ce déséquilibre crée un ressentiment chez les pauvres et un risque de soulèvement. Les droits doivent être accordées sans condition de propriété. Il est donc favorable au suffrage universel.

Jérémy BENTHAM (1748-1832 – Panoptique)

Il voit dans la loi une restriction de liberté nécessaire. Il théorise une approche arithmétique du bonheur : un individu égale une unité, peu importe sa condition sociale. Pour être juste, une loi doit produire le maximum de bonheur pour le plus grand nombre. BENTHAM est un utilitariste. Il reprend l’idée de HUME selon laquelle le bon critère pour distinguer le bien du mal est l’utilité.

C’est le plus grand bonheur possible pour le plus grand nombre qui donne la mesure du bien et du mal. Jérémy BENTHAM

Au contraire de KANT qui ne voulait pas que l’État se mêlât de bonheur, BENTHAM voit dans cette valeur un moyen de distinguer une bonne d’une mauvaise loi : toute loi restreint des libertés. Il faut donc peser le « pour » et le « contre », comparer les situations avec et sans loi et déterminer celle qui apporte le plus grand bonheur au plus grand nombre. Voilà le critère de décision approprié selon BENTHAM. Il plaide comme PAINE pour une démocratie représentative.

En termes économiques, BENTHAM se rapproche d’Adam SMITH en considérant que le marché fonctionne mieux sans intervention de l’État.

Friedrich HEGEL (1770-1831 – Phénoménologie de l’esprit)

La rencontre de deux individus fait immanquablement naître un maître et un esclave. L’esprit qui préfère la liberté à la vie devient le maître et celui qui préfère la vie à la liberté devient l’esclave. L’existence de la conscience du maître est confirmée par l’existence de l’esclave.

Être esclave dépend de sa propre volonté. L’injustice n’est donc pas seulement du côté des maîtres qui oppriment, elle est aussi du côté des esclaves opprimés. Friedrich HEGEL.

Il théorise également la dialectique de l’histoire : cette dernière est une suite logique de thèses (par exemple la monarchie absolue), d’antithèses (la Révolution) et de synthèses (le premier Empire).

La montée du socialisme, du communisme et de l’anarchisme

La Révolution française a supprimé les privilèges liés à la naissance. Mais elle s’est arrêtée en chemin. Les serfs sont devenus des ouvriers. Ils ont simplement changé de maîtres : les propriétaires des moyens de production ont remplacé les seigneurs. La révolution industrielle a fait naître un prolétariat de masse qui, pour Marx, est le fervent des futures révolutions qui aboutiront, selon une logique mathématique, vers le communisme.

Pierre-Joseph PROUDHON (1809-1865 – Qu’est ce que la propriété ?

En France, la révolution de 1830 a abouti à la monarchie de juillet. La lutte des classes fait rage. Pour PROUDHON, les droits à la liberté, l’égalité et la sécurité sont naturels, absolus, inaliénables et doivent être à la base du fondement de toute société. La propriété est contraire à tous ces droits : la propriété des riches se nourrit de la misère des masses ; La propriété doit donc être abolie.

La propriété, c’est du vol. Pierre-Joseph PROUDHON.

Alexis de Tocqueville (1805-1859 – l’Ancien Régime et la Révolution)

Il conteste les idées naissantes issues du socialisme : le socialisme ignore les plus hautes qualités humaines, il sape la propriété privée et étouffe l’individu. Pour Tocqueville, le socialisme n’est qu’une nouvelle servitude.

La démocratie cherche l’égalité dans la liberté, le socialisme la cherche dans la servitude. Alexis de Tocqueville.

Tocqueville voit trois défauts dans le socialisme :

  1. il résume l’homme à ses penchant matériels (il ne chercherait qu’à accumuler des biens) ;
  2. il ignore les idéaux de générosité et de vertu ;
  3. il sape l’idée de propriété privée (élément essentiel à la liberté).

En d’autres termes, le socialisme tue l’esprit d’entreprise, l’esprit d’initiative, déconsidère les propriétaires, méprise l’individu qui n’est qu’un rouage dans la grosse machine étatique.

John Stuart MILL (1806-1873 – De la liberté)

Une société saine est constituée d’individus libres de penser et d’agir, tant qu’ils ne nuisent pas aux autres.

Partout où existe une classe dominante, la moralité du pays émane dans une large mesure des intérêts et du sentiment de supériorité de cette classe. John Stuart MILL.

MARX n’est plus très loin… MILL voit trois libertés fondamentales : la liberté de penser et d’opinion, la liberté de suivre ses goûts et inclination (tant que ça ne nuit pas aux autres), la liberté de s’associer à d’autres. Or, pour MILL, le système électoral aboutit à une dictature de la majorité sur les minorités.

Ainsi classe-t-on la tyrannie de la majorité parmi ces maux contre lesquels la société doit se protéger. John Stuart MILL.

Dans un seul cas, l’État est légitime à limiter la liberté d’un individu : l’empêcher de nuire aux autres. Pour tout le reste (son corps et son esprit), l’individu est souverain.

La lutte entre liberté et autorité est le trait le plus remarquable de ces périodes historiques qui nous sont familières dès l’enfance. John Stuart MILL.

Et heureusement, car cette liberté, notamment de penser, est la condition nécessaire à l’innovation, l’esprit d’initiative qui font progresser l’humanité par le débat perpétuel, la confrontation des idées.

Mikhaïl BAKOUNINE (1814-1876 – Étatisme et Anarchie)

Les privilégiés ont tendance à diriger les institutions, donc les corrompent et les masses demeurent en esclavage. Refuser l’autorité s’impose pour se libérer et s’épanouir. Nul n’y peut rien. Même les plus belles âmes s’usent à l’exercice du pouvoir et finisse par défendre leurs propres intérêts. Il faut donc supprimer toute autorité, même celle émanant du suffrage universel. Bakounine figure parmi les pères de l’Anarchisme. Sa pensée alimentera des oppositions au Marxisme qui au contraire plaidera pour une dictature du prolétariat, donc une autorité dirigeante.

David THOREAU (1817-1862 – La désobéissance civile)

L’existence de l’esclavage est la preuve que l’État est la source du malheur et de l’injustice. Il faut alors désobéir pour faire tomber cet État esclavagiste. THOREAU préfère faire confiance à l’intelligence individuelle des citoyens.

Le meilleur gouvernement possible est le plus discret. David THOREAU.

David THOREAU inaugure un nouveau moyen d’action contre un état injuste : la désobéissance civile. Il inspirera des activistes dans leurs luttes pour la reconnaissance des droits, comme Martin Luther KING ou le Mahatma GANDHI.

Karl MARX (1818-1883 – Le Capital)

Le capitalisme et la propriété privée transforment le travailleur en marchandises. Ils sont aliénés, coupés de la production de leur travail, de leur identité, de leurs frères. Le communisme abolit la propriété privée et met fin à l’aliénation. MARX s’oppose à HEGEL, car il pense que l’on peut agir sur l’histoire par l’action des masses. «

 Le communisme est l’humanisme ramené à lui-même par la fin de la propriété privée. Karl MARX.

Comme PROUDHON, MARX voit la source du mal dans l’existence de la propriété privée des moyens de production qui permettent « aux propriétaires » d’exploiter les travailleurs en leur volant la majeure partie du fruit de leur travail.

Nous ne reconnaissons aucune autre définition du communisme que l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme. Karl MARX.

Friedrich NIETZSCHE (1844-1900 – Le crépuscule des idoles)

l’homme est « volonté de puissance », une énergie qui le pousse à persister dans son être. NIETZSCHE est à contre-courant : il a la nostalgie de la grande noblesse, des grands Hellènes : dans l’antiquité, les qualités du lion (force, pouvoir, vitalité) étaient les plus recherchées. Il regrette de voir que les valeurs mises en avant sont maintenant celles de l’agneau (douceur, non-agressivité) : la faute au christianisme et à la déclaration des droits de l’homme.

Édouard BERNSTEIN (1850-1932 – Problèmes du socialisme)

Les socialistes se trompent : ils pensaient que la capitalisme allait accentuer la misère. C’est le contraire qui s’est passé. Le niveau de vie des travailleurs s’est amélioré. Le capitalisme se montre d’une grande stabilité, capable de surmonter les crises. BERSTEIN constate que les ouvriers finissent par reconnaître les bienfaits du capitalisme. Les socialistes révolutionnaires préfèrent alors réformer que révolutionner.

Petr KROPOTKINE (1842-1921 – La Conquête du pain)

Toute autorité est à rejeter, l’église bien entendu, mais également l’Etat. Toute structure est liberticide ; l’homme doit coopérer en s’appuyant sur ce qu’il a de meilleur : le respect de l’autre et sa propension à l’entre-aide. Pert KROPOTKINE est le père (avec Bakounine) du Communisme anarchiste. Son monde est basé sur une absence total d’État, l’égalitarisme absolu et la solidarité.

Au lieu de la lâche formule : Obéissez à la loi ! Crions A bas toutes les lois ! Petr KROPOTKINE

Max WEBER (1864-1920 – L’éthique protestante et l’esprit de capitalisme)

L’individu n’est qu’un rouage dans une machine en marche. Il est le père de la sociologie. L’idée est pour Max WEBER de chercher un « idéal-type » en analysant la société telle qu’elle est. Pour comprendre son fonctionnement, il faut en étudier le plus simple rouage : l’individu ; les interactions complexes entre les individus aboutissent à des représentations collectives, comme la religion ou les systèmes économiques. Les individus créent des systèmes qui finissent par les brider : Max WEBER voit ainsi dans le protestantisme, plus individualiste que le catholicisme, la source du capitalisme.

Les états totalitaires – communistes, fascistes et nazis.

Au début du XXème siècle, le Tsar Nicolas II est encore à la tête d’un immense territoire, de l’Oural au Kazakhstan, essentiellement agraire, à la traine des grandes puissances européennes. La première guerre mondiale s’est achevée pour la Russie en 1917 avec la révolution bolchévique et le traité de paix avec l’Allemagne de Brest-Litovsk . Pour quelle raison la sauce communiste a-t-elle pris en Russie, pays sans industrie et donc sans prolétariat alors que partout ailleurs elle a tourné court ? En 1848, en appelant au soulèvement des masses dans la manifeste du parti communiste, MARX et ENGELS pensaient que le premier domino tomberait soit en Angleterre soit en Allemagne en raison de la présence d’un prolétariat de masse structuré. En 1919, l’Allemagne vaincue est bien agitée par des troubles provoqués par les ligues spartakistes de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Mais bien vite l’ordre est rétabli. Comme l’avait anticipé Edouard BERSTEIN dans Les problèmes du socialisme, les ouvriers français et anglais semblent se contenter de l’amélioration progressive de leur niveau de vie. Ils aspirent plus à faire partie de la bourgeoisie qu’à la renverser. Une scission des forces de gauche apparait alors entre celles qui veulent des réformes (les socialistes) et celles qui veulent la révolution (les communistes). En octobre 1917, après une brève révolution, nait le premier état communiste au monde. C’est le début d’une terrible famine et de 80 années de totalitarisme.

Vladimir Oulianov ILLITCH dit « LÉNINE (1870-1924 – L’Etat et la Révolution)

Le jeune agitateur Vladimir Oulianov ILLITCH dit « LÉNINE » a lu MARX et ENGELS. C’est un communiste révolutionnaire qui se réclame des Jacobins français. Pour mener à bien sa révolution, il compte s’appuyer sur le prolétariat russe naissant. Il reprend l’idée de MARX et ENGELS d’un « parti d’avant garde » (le parti bolchévique), constitué de révolutionnaires professionnels capables d’entrainer les masse dans son sillage. Il ne rechigne pas aux actions violentes,t aux exécutions publiques et à l’épuration à grande échelle. Les bolchéviques prennent le pouvoir en octobre 1917. La Tchéka, ancêtre du KGB, est mise en place et ses effectifs augmentent de manière exponentielle. La famine toutefois fait rage sur le territoire où toutes les fermes privées ont été intégrées dans de grands ensemble collectif (les Kolkhozes) qui brillent essentiellement par leur incapacité à nourir la population.

LÉNINE comprend qu’il faut réintroduire un peu de liberté (de capitalisme) dans le système en lançant sa nouvelle politique économique (NEP). La famine régresse aussitôt mais le procédé est dénoncé par les purs marxistes de son équipe. STALINE enterrera définitivement cette idée et fera ressurgir la famine.

Pour LÉNINE, il n’y a qu’une vérité, une vérité absolue : celle donnée par MARX. Aussi tout parti ou presse d’opposition devient inutile. La dictature bolchévique se justifie ainsi.,

Léon TROTSKI (1879-1940)

Le Marxisme ne vaut que s’il est authentique. TROTSKI fut compagnon de Lénine dès 1917. Entre 1917 et 1922, il réorganise l’armée Rouge. A la mort de LENINE en 1924, STALINE impose une dictature d’Etat. Pour TROTSKI, il a dévoyé l’essence du communisme. La bureaucratie absolutiste de Staline a conduit, en lieu et place de la dictature du prolétariat (voulue par MARX), à la dictature d’un seul homme, écrasant ainsi tout espoir d’une révolution de masse, d’une révolution permanente que TROTSKI appelait de ses vœux pour conserver les acquis du socialisme. MARX appelait à une révolution internationale, condition nécessaire à la réussite de son projet. TROTSKI constate que STALINE très tôt, renonce à cet idéal en plébiscitant le « communisme en un seul lieu », confisquant ainsi à son profit l’Union Soviétique. En 1937, TROTSKI se sentant menacé s’exile au Mexique. Pour TROTSKI, STALINE a réinstallé le pire de l’absolutisme, régénéré « le fétichisme du pouvoir » et créé une nouvelle aristocratie. Ces crimes sont ceux de cette nouvelle aristocratie, d’une nomenklatura contre les masses. Pour TROTSKI les moyens (y compris la répression la plus violente) se justifient seulement lorsqu’ils visent à accroître le pouvoir de l’homme sur la nature et à abolir le pouvoir de l’homme sur l’homme. Il est assassiné sur les ordres de STALINE en 1940.

Giovanni GENTILE (1875-1944 – Dottrina del Facsismo)

Il est frappant de voir dans les écrits du nègre de MUSSOLINI, les similitudes entre l’idéologie Fasciste et Commun site (telle que définie par MARX). Dans la Dottrina del Facsismo, il bannit l’individualisme et prône le collectivisme. Il exalte les valeurs humaines au-delà du matérialisme. Pour GENTILE, la nation doit être prioritaire et ainsi tout doit être subordonné à l’Etat.

Dans le programme du National Socialist Deutsche Arbeiter Partei d’Adolf HITLER, on retrouve également une volonté de nier l’individu au profit de la nation. Les masses, éduquées très tôt par le pouvoir, doivent agir dans le même objectif : redonner à la nation sa puissance.

L’État Nazi et l’État communiste finissent par tendre vers un même totalitarisme : endoctrinement, suppression des libertés individuelles, interdiction de la presse d’opposition, mise en place du parti unique, culte de la personnalité, camp pour les opposants, économie planifiée, collectivisme, installation d’une police politique (GESTAPO et KGB)…

La fin des illusions

TROTSKY avait affirmé que la dictature du prolétariat ne devait être qu’une étape dans la longue marche vers le communisme : si le besoin d’une police politique venait à persister, il fallait reconnaitre que les théories de MARX et EENGELS étaient fausses. Pour avoir énoncé cette évidence, STALINE le fit assassiner en 1940. KHROUCHTCHEV, dans son fameux rapport, dénonça le premier les crimes staliniens. Il fut débarqué par les héritiers de l’ogre de Géorgie. Ce mélange étrange d’humanisme et de dictature que constitua le communisme pendant près d’un siècle trouva son épilogue en 1989 avec la chute du mur de Berlin. Un homme incarna le crépuscule de l’idéal communiste : Mickaël GORBATCHEV, l’homme de la perestroïka qui devint premier secrétaire du PC d’URSS en 1985. Avait-il lu Tocqueville ? Il comprit que l’égalité imposée entre tous les hommes était générateur de frustration, de perte de motivation, d’esprit d’initiative et, comble de l’ironie, de famines dans les régions les plus fertiles (notamment STAVROPOL dont GORBATCHEV fut un temps le leader sous BREJNEV). La course à la technologie, en particulier militaire, imposée à l’URSS au début des années 80 par Ronald REAGAN avec son projet de guerre des étoiles, sonna le glas de l’empire soviétique dont l’économie avait toutes les caractéristiques de celles du tiers-monde. GORBATCHEV engagea un tournant social-démocrate en introduisant l’économie de marché, autorisa le presse et les partis d’opposition. En relâchant ainsi la bride, il enclencha une marche en avant qu’il ne put contrôler entraînant, sous l’impulsion de Boris ELTSINE, la dislocation de l’URSS.

En termes généraux, les objectifs de la perestroïka sont : économie libre, politique libre, fin de l’isolationnisme et intégration du pays dans le concert des civilisations. Le principe fondamental, si vous regardez au niveau philosophique, est le refus de tout modèle pré-établi (il pense à MARX et ENGELS), perclus de bonnes intentions et imposés à la société par des forces supérieures. Le but est de libérer les énergies, les forces vitales pour développer l’esprit d’initiative pour créer du bien-être, chacun de son côté, mais aussi tous ensemble. Et ce chemin ne doit pas être construit sur des dogmes, mais sur de simples et universelles valeurs humaines qui ont guidé le progrès humain pendant des siècles. Mickael GORBATCHEV.

Friedrich Von KAYEK (1899- 1992 – La route de la servitude)

VON HAYEK semble expliquer les intuitions de GORBATCHEV (qu’avait prédit Alexis de TOQUEVILLE) Pour VON HAYEK, la planification centralisée ne peut répondre aux besoins spécifiques et changeants de chaque individu. Un consommateur sait en temps réel ce dont il a besoin, un planificateur parfois mais le plus souvent il se trompe ! La planification implique de contrôler la vie des gens et conduit à un gouvernement totalitaire.

Seul un gouvernement totalitaire peut satisfaire les revendications du droit à l’égalité matérielle. Friedrich VON HAYEK.

Pour VON HAYEK, seul le libre marché permet d’ajuster, par le mécanisme des prix, la demande à la production. Cet mécanisme est inhérent au fonctionnement de la société, il en régule le fonctionnement.

Hannah ARENDT (1906-1975 – Les origines du totalitarisme)

La manipulation des faits n’est pas, pour Hannah ARENDT, l’apanage des régimes totalitaires. Elle dénonce la falsification des faits, y compris dans les grandes démocraties comme aux États-Unis, à des fins politiques, voire pour justifier des violence.

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