Pourquoi les syndicats finissent mal en général ?

J’avais, il n’y a pas si longtemps, écrit une brève histoire du syndicalisme qui commençait ainsi :

L’étymologie grecque du terme indique que le syndicat vise la défense collégiale (syn signifiant « ensemble ») de la justice (diké) : c’est à dire l’intérêt général. Or, il semblerait que le syndicalisme en 2018 dérive de ses objectifs initiaux, s’échouant parfois vers la défense d’intérêts particuliers ou plutôt de groupes d’intérêts particuliers, de branches professionnelles, sans vision globale, sans réflexion sur le long terme : au nom du très vendeur « défense du service public« . Son histoire, qui vous est proposée ici, nous éclaire.

Et je dois admettre que, deux ans plus tard, les syndicats, notamment ceux d’une certaine fonction publique que je connais le mieux , continuent à m’exaspérer. Ils se disent de gauche, pour la solidarité, pour la défense du service public (sic). Mais en fait ne s’intéressent qu’à la défense de petits privilèges ! Jamais je n’ai vu une proposition venant de dessus obtenir leur assentiment. N’y a-t-il que des idiots en dehors des syndiqués ?

En 1895, lorsque la CGT fut fondée, le terme privilège était associé à classe dominante, propriétaire des moyens de production. Au XIXème siècle, les propriétaires n’accordaient aux ouvriers, sacrifiées sur l’autel du profit, que de quoi survivre et, le cas échéant, élever la prochaine génération d’ouvriers. Germinal de Zola illustra parfaitement la lutte justifiée des classes laborieuses, que Marx appelait de ses vœux et que Lénine mit en musique. L’espérance de vie était courte, les occasions de se réjouir rares, le passage sur terre n’étant que suite de souffrances pour le bonheur de quelques autres …

Certaines professions vivent encore de près cette précarité parfois morbide : les infirmières, les policiers, les gendarmes, les militaires, les pompiers, mais aussi les profs des banlieues difficiles et bien d’autres… Ils méritent un respect infini et leurs revendications sont légions et légitimes.

Mais ailleurs ? Y a-t-il encore des Etienne Lantier ? des Maheu ? Je n’en ai pas vu. Qui voudrait nous faire croire qu’on se lève encore à l’aube, que l’on fait des journées de 12 heures, que l’on peut perdre son emploi comme son porte-clefs, que les enfants se tuent à la mine, qu’aucune protection sociale n’est accordée, que les directeurs, parce qu’ils sont directeurs ne sont que des scélérats, que les ministres, parce qu’ils sont ministres, n’y comprennent rien et ne font aucun cas du service public ? Car le Syndicat seul sait où est la vérité.

Alors je

Dans feu l’Union Soviétique, il n’y avait qu’un seul journal. La Pravda ce qui signifiait la vérité. En effet, la vérité étant singulière, pourquoi la presse serait-elle plurielle ? Les syndicats sombrent dans le même écueil, sûr de détenir la vérité, la seule.

Les syndicats s’appuient sur un argumentaire incontestable, car bâti sur des termes qui le sont tout autant : bienveillance, solidarité, défense du service public… Que d’hypocrisie lorsque, avant tout, on cherche à défendre ses RTT, ses plages fixes, ses promotions,… Hypocrisie inconsciente car détachée de la réalité, incapable de comprendre que la facture sera payée par les autres. Mais ça, ils s’en foutent, répétant leur sempiternelle « de l’argent, il y en a !!! », ritournelle implacable qui clôt tous les débats. Personne pourtant n’a jamais trouvé le magot, sauf dans le porte-feuilles des générations suivantes…

Est-on encore de gauche, solidaire, lorsque, pour conserver ses avantages, on compte faire payer les autres, les petits artisans, les patrons de restaurant, le salariés du privé ?

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