Écologiste comme… Michael SHELLENBERGER

Un écolo-pro nucléaire

L ‘écologie est faite de cinquante nuances de verts. Du décroissant millénariste appocalyptique, au technicien béat, confiant en l’avenir, nous trouvons dans le champ des vérités révélées autant de fleurs qu’un curé pourrait en bénir. Qui dit vrai ? Michael SHELLENBERGER (Apocalypse Never) est américain et chantre d’une écologie pragmatique, c’est-à-dire réaliste, qui ne se construirait pas contre le peuple à grands coups de thèses moralisatrices, de culpabilité, d’interdictions, mais avec lui.

Il commence souvent ses conférences par une évidence : nous consommons de plus en plus d’énergie et la seule solution techniquement disponible, fiable et CO2-free est le nucléaire. Il se pose donc la question suivante : pourquoi tant de haine de la part des militants écologistes contre cette énergie miraculeuse ? Il s’est érigé comme d’autres (par exemple jean-Marc JANCOVICI) contre les chantres de l’apocalypse qui confondent la bombe d’Hiroshima et l’EPR, les bouillants de Tchernobyl avec nos REP bien de chez nous. Il dénonce l’arrêt de FESSENHEIM, résultat de petits arrangements politiques entre Martine Aubry et les Verts (lors de la présidentielle 2012). Cet arrêt fait suite au sacrifice de Crey-Malville, conséquence des accords entre les Verts (Dominique VOYNET) et le PS (Lionel JOSPIN), à l’occasion d’une autre présidentielle. A croire que les Socialistes sont prêts à sacrifier tous les réacteurs de la terre pour se mettre EELV dans la poche !

La fin du monde n’est pas pour demain

Pour Michael Shellenberger, dès que l’on parle d’environnement, les individus perdent toute capacité à raisonner, toute rationalité. Les ordres de grandeur n’ont plus d’importance, les chiffrent mentent,… Une chose devient certaine : l’apocalypse. Pourquoi nier queles émissions de CO2 baissent dans les pays développés depuis plusieurs décennies ?

Pourquoi tant de scientifiques éminents adhérents aux thèses apocalyptiques ? Michael Shellenberger y voit des raisons d’ordre religieux. Aujourd’hui, notamment en Europe, le spirituel est en perte de vitesse. Autrefois, la garantie d’une vie après la mort, les retrouvailles avec nos proches disparus, facilitaient la vie, en nous débarrassant de nos angoisses les plus poignantes. Aussi, les gens sont aujourd’hui sans repère, sans promesse, et donc se retrouvent de nouveau accablés d’angoisses. Ils ont perdu leur « projet d’immortalité », bien identifié par les psy.

Le nerf de la guerre : la culpabilité

Pour Michael Shellenberger, la culpabilité est un vecteur puissant ; les religions l’ont bien compris. Ainsi, dans le christianisme, le fait de naître est-il suffisant pour faire de nous de « pauvres pêcheurs ». Nous devons ainsi toute notre vie rattraper nos fautes (ou celles des autres), ce qui nous met dans un état de soumission évident. La religion s’est peu à peu retirée, mais le sentiment de culpabilité est resté, latent, attendant un objet particulier pour se fixer. Les habiles politiques ont alors repris le flambeau religieux pour culpabiliser les gens autour des questions environnementales, jusqu’à faire de l’homme un parasite devant disparaitre de la terre.

Traditionnellement, dans les discours millénaristes, l’apocalypse signifie la révélation d’un nouveau monde. Bien sûr, cette révélation implique l’Armageddon, mais celui-ci doit être suivi par le paradis terrestre. On retrouve ce motif dans les discours écologistes depuis les années 1970. Mais au début, on parlait de paradis 90 % du temps et d’Armageddon les 10 % restants ; maintenant, c’est l’inverse ! On a développé une vision extrêmement négative de notre situation, qui laisse très peu de place à un monde qui pourrait être meilleur. Michael Shellenberger

Ne jamais crier victoire !

Un bon écologiste ne doit jamais être satisfait. Il faut que la situation soit catastrophique pour gagner des voies ! D’où la surenchère médiatique autour du thème On va tous mourir. Le nucléaire doit être, pour les m^mes raison, rangé dans la colonne des ennemis de l’environnement ! Pensez-donc ! Une solution qui règle le problème ! Michael Shellenberger en est convaincu : les écologistes fondamentaux ne veulent pas du nucléaire car ils ne veulent pas régler le problème. La gauche, en mal d’idées nouvelles, s’est emparée du sujet : enfin un nouveau combat, du pain béni pour la gauche moralisatrice.

Plus grave encore, pour Michael Shellenberger les écologistes, par leur fausse-bonne solution tendent à aggraver le problème.

Pour moi, le paradoxe est surtout que la plupart des écologistes tendent à rendre les problèmes environnementaux plus graves encore. Les écologistes s’opposent à l’agriculture intensive, alors que ce n’est un secret pour personne que pour faire pousser davantage de cultures sur moins de terres, il faut des engrais, des tracteurs et de l’irrigation ! Sans cela, on utilisera plus de terre. C’est ce qui s’est passé au Brésil, où la demande de protection excessive des forêts situées sur les exploitations a conduit à l’accroissement du nombre de petites exploitations, d’où une plus forte fragmentation de ces mêmes forêts et de terribles conséquences terribles sur la biodiversité. Michael Shellenberger.

Les radicaux tuent notre jeunesse

Michael Shellenberger s’inquiète pour nos jeunes abreuvés du soir au matin par des discours toujours plus alarmistes. La jeunesse culpabilisée, terrorisée, se pose inévitablement la question de l’avenir en ces termes : est-il raisonnable d’avoir des enfants vu l’avenir de merde que l’on nous promet ? Michael Shellenberger n’aime en particulier pas le mouvement Exctinction Rebellion qu’il qualifie de « tordu et pathologique ».

La modernité : voilà l’ennemi

Le point d’orgue de la modernité fut l’exposition universelle de 1900 avec la place considérable donnée à la fée électricité. Tout alors était possible, la technologie allait régler tous les problèmes. Puis, il y a eu Auschwitz, Hiroshima et on a découvert le coté sombre de cette modernité. La modernité, dès lors, devint l’ennemi à abattre et le retour à la terre un impératif. La modernité, dans notre inconscient collectif, est devenu synonyme de « crime contre la terre », péché par Hubris.

J’ai moi-même été végétarien pendant longtemps, sans trop savoir pourquoi, et j’ai recommencé à manger de la viande sans raison particulière non plus. Je crois que pour moi comme pour beaucoup d’autres, il s’agissait d’un désir assez inconscient. D’ailleurs, de nombreuses études montrent que la moralisation du végétarisme a à voir avec l’idée de la mort, comme si manger de la viande revenait à manger la mort elle-même. C’est un sentiment puissant, qui peut expliquer ce besoin de moraliser. Michael Shellenberger.

Le végétarien ne réduit pas fondamentalement les émissions de CO2.

Pour Michael Shellenberger, la conversion de la totalité de l’humanité au végétarisme réduirait les émissions de CO2 de 2 %. Pourquoi diable pense-ton que cela va sauver la planète ?

COVID et écologie

Michael Shellenberger est en phase avec Cohn-Bendit sur le lien fait pas les écologistes entre virus et environnement.

C’est une pratique typique des militants environnementalistes ! Comme ils ont une vision totalisante du monde, ils ont le sentiment que des crises qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’environnement sont un signe de ce qu’ils souhaitent voir. Et comme on a un peu arrêté de parler d’eux pour s’occuper de la crise sanitaire, ils ont tout fait pour ramener celle-ci à leur problématique favorite. Alors que le monde entier réalisait la plus grande action collective de l’histoire de l’humanité, ils y ont vu le meilleur moment pour ramener leur sujet préféré sur le devant de la scène. Michael Shellenberger

L’Assemblée nationale plutôt que les Conventions

Michael Shellenberger est là aussi en phase avec Danny. Les militants créent partout des structures parallèles, car il sont insatisfaits des travaux des représentations nationales. Il y a là une question fondamentale sur le fonctionnement d’une démocratie. La représentation nationale est l’expression de la volonté générale et donc la seule légitime, mais également la seule capable d’emporter les citoyens vers un objectif commun. Contester les lois votés par les représentations nationales, voilà qui est au mieux réactionnaire, au pire autoritaire.

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