Jancovici, Fessenheim et les écolos opportunistes

La fermeture du premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim le 22 février est un mauvais choix ?

Intégralité de l’article ici.

Cette décision a été prise par François Hollande en 2011 sans aucun autre fondement que de séduire les 3% d’anti-nucléaires « durs » au sein de l’électorat, c’est-à-dire les personnes pour qui la baisse du nucléaire est le premier point qui compte au moment de glisser un bulletin dans l’urne. Depuis, nous sommes dans la continuité de cette décision, qui relève toujours du clientélisme électoral, mais qui n’a jamais fait l’objet de la moindre argumentation un peu construite.

Le gouvernement actuel va même plus loin en écrivant, sur son site internet, que la fermeture de cette centrale « vise à faire du Haut-Rhin un territoire de référence à l’échelle européenne en matière d’économie bas carbone ». Que de fermer une source de production électrique bas carbone « contribue à l’économie bas carbone » est tout simplement un mensonge, et comme il figure sur le site du gouvernement, on peut parler de mensonge d’État. Et sur le même site du gouvernement, il y a une page pour expliquer comment débusquer les fake news ! Nos amis politiques ne manquent pas d’humour…

Le nucléaire n’émet que 6 grammes de CO2 par kWh produit sur l’ensemble de son cycle de vie. C’est sept fois moins que le solaire, et moins que la moyenne française (qui comporte un peu de charbon et de gaz, que par contre nous gardons) ou européenne : supprimer du nucléaire ne va surement pas aider à décarboner quoi que ce soit.

Ce mensonge se double d’une imposture quand le gouvernement justifie sa décision en invoquant des questions de sécurité, la centrale étant « trop vieille et située sur une zone sismique ». Le premier ministre venu est-il plus compétent que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), dont c’est le métier que d’ausculter nos installations nucléaires ? L’ASN n’a pas hésité à demander une réparation très lourde sur Flamanville, mais n’a jamais demandé la mise à l’arrêt de Fessenheim sur la base de ces éléments, ni d’aucun autre du reste.

Si le politique a raison (sur la vétusté et le risque sismique), alors il faut d’urgence licencier tous les gens de l’ASN pour incompétence, puisqu’ils sont incapables de correctement évaluer le risque. Mais si l’ASN est légitime dans son jugement, alors les politiques qui font croire à leur compétence technique en mettant en avant des éléments infondés sont des imposteurs. Et la presse qui leur passe les plats se rend complice de cette imposture.

Nous avons affaire, dans un autre domaine, au même processus que pour le climato-scepticisme : dans les deux cas de figure, la presse relaie des faits inexacts en les présentant comme fondés. Allègre, qui prétend que le changement climatique est une invention, et les politiques qui prétendent qu’il faut fermer Fessenheim parce que c’est vieux et dangereux, même combat. Mêmes mécanismes, mêmes ressorts intellectuels, même imposture, même confusion créée dans le débat public.

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