Le professeur RAOULT est-il victime de biais cognitifs ?

On devrait tous avoir lu Aaron Temkin Beck le père de la thérapie cognitive non-freudienne. On devrait tous confronter nos schémas de pensées au diagnostic proposé par l’éminent professeur de l’université de Pennsylvanie pour identifier, dans nos raisonnements, souvent automatiques, des distorsions, des « biais cognitifs ».

Le professeur RAOULT est-il victime de biais cognitifs ?

Notre cerveau, souvent débordé par le flux d’informations, doit, pour assurer notre survie en monde hostile, développer une pensée automatique pour permettre des choix rapides à partir de quelques signaux (qu’il a retenu comme) essentiels. Ce schéma est bien entendu hérité d’une époque où, confronté à un ours affamé, l’individu devait rapidement agir : n’ayant pas le temps de réfléchir, le cerveau mettait (et met toujours) en marche ses automatismes : le mode « survie » qui vise à préparer un effort violent (fuite ou affrontement) : la respiration et le rythme cardiaque s’accélèrent pour que l’oxygène arrive en abondance dans les muscles, les fonctions inutiles et énergivores sont coupées (la digestion par exemple), la température corporelle (sueur froide) est augmentée ainsi que la tension artérielle, le champ de vision est rétréci.

Le cerveau est aujourd’hui toujours victime de ce mode de fonctionnement. Les crises de paniques en sont la plus criante illustration : confrontés à des dangers souvent imaginaires (une araignée, la foule, le métro, les chiens,…), des personnes mettent en branle le mode survie. Dans une société où l’émotion doit être refoulée, les tensions consécutives restent alors confinées dans le corps, et ne s’expriment plus par la fuite ou le combat. Cette situation devient alors insupportable.

En mode automatique, le cerceau développe un tas de biais cognitifs. Le raisonnement dichotomique par exemple : si une solution n’est pas efficace à 100%, alors elle est mauvaise. dans la crise actuelle (COVID 19), on entend pas mal de gens dire « les masques ne sont pas efficaces, car pour déjeuner, on est bien obligé de les enlever. Peu importe si 90% du temps, ils sont efficaces, la solution est rejetée. Le même biais est identifiable pour la question du vaccin (il ne protège pas totalement, donc il n’est pas efficace) ou les autres mesures barrières.

Le Professeur Raoult nous permet d’illustrer d’autres biais :

  • le biais de confirmation. Il s’agit de prendre en considération uniquement les informations qui confirment sa propre thèse (efficacité d(un traitement) et d’ignorer ou discréditer celles qui les contredisent (toutes les autres études qui disent le contraire), y compris si elles sont des preuves indiscutables. On appelle aussi ce biais l’effet tunnel.
  • L’excès de confiance qui est la tendance à surestimer ses capacités. On a vu ainsi la France se peupler d’un coup de 70 millions de biologistes et de médecins qui avaient à peu près tous un avis sur le virus et le moyen de le traiter ;
  • Le biais de croyance : puisque ma conclusion est vraie (la terre a 5000 ans selon la Bible), tout raisonnement logique, même le plus solide, est disqualifié, rejeté. Il renforce même ma certitude.
  • L’interférence arbitraire : lorsque l’on saute à la conclusion sans passer par la case démonstration, on est victime de ce biais. Le terme « victime » est utilisé à dessein puisque le mécanisme est involontaire.
  • Le raisonnement émotionnel : ce biais est un peu relié au précédent. Il s’agit de prendre ses émotions pour des preuves. Je sens que c’est vrai, donc c’est vrai…
  • Le biais d’auto-complaisance qui consiste à s’attribuer tout le mérite (le faible taux de contamination à Marseille) et d’attribuer ses échecs à des facteurs extérieurs défavorables (le conseil scientifique).
  • L’étiquetage : il s’agit d’un jugement définitif sur les autres. Les autres sont Parisiens, sont donc arrogants, méprisants et forcément dans l’erreur. Ainsi, même si dans le conseil scientifique, on trouve des Lillois, des Bordelais, il sont catégorisés comme Parisiens et donc acoquinés au Pouvoir. Il s’agit aussi d’une sur-généralisation qui consiste à mettre tout le monde dans le même panier.
  • La personnalisation : tout tourne autour de la personne victime de ce biais.

Un grand merci donc à l’éminent professeur qui nous a permis d’illustrer notre propos.

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