La peur et l’ignorance comme carburant du complotisme avec Gérard BRONNER

Mettre une puce sous-cutanée pour tous : c’est NON ! NON aux opérations de Bill Gates, NON à la 5G.  Juliette BINOCHE.

Mais quelle est la source de Juliette BINOCHE ? Est-elle à ce point informée pour savoir que les campagnes de vaccinations sont juste un prétexte pour inoculer à notre insu, sous forme de nanoparticules, des puces dans notre corps. Ces puces, elle le sous-entend, seraient, selon cette grande scientifique, activées par la 5 G, comme l’a prévu un certain Bill GATES !

Combien de personnes sont-elle impliquées dans le complot ? Certainement des centaines de milliers pour fabriquer le virus, puis concevoir ces nanoparticules, les fabriquer, les diffuser à grande échelle… Qui sont-elles ? Elles sont un peu chinoises (Huawey – Coronavac) forcément, américaines (Pfizer – Moderna), allemandes (BioNtech), anglaises (Oxford), françaises (Sanofi- Astrazeneca), russes (Sptunik V)… Des centaines de milliers de personnes donc qui ont gardé le silence depuis 10 ans au moins, temps minimum pour mettre en place un tel plan machiavélique… Personne n’a rien vu. Sommes-nous tous devenus aveugles ?

Pourquoi ne citer que bill Gates ? Quel intérêt a-t-il dans l’histoire, lui qui s’est mis en retrait de la MICROSOFT ? Ah il est riche ! En plus, il est américain donc favorable au libre-échange. Bref, il coche toutes les cases du vilain de service, du grand méchant : le coupable idéal.

Comment le cerveau de mon actrice préférée a-t-il pu se ratatiner à ce point ?

Elle n’est pas la seule. Nous avons déjà ici cité Sophie MARCEAU, qui défendit le chef-d’œuvre du complotisme moderne : HOLD-UP. A cette liste peut-être ajouté Vikash DORASO (joueur de foot et statisticien) qui mit en doute l’efficacité du confinement, en s’appuyant sur des chiffres complètement erronés. Et bien entendu, le champion toutes catégories : Jean-Marie BIGARD,

Les laboratoires veulent absolument qu’il n’y ait pas de traitements pour le Covid ! Le gouvernement a commandé 70 kg d’hydroxychloroquine. On a la vidéo, on sait qu’ils ont commandé ça ! On a des traitements et on ne veut pas les utiliser. On est sous la puissance financière des laboratoires Jean-Marie BIGARD

gros intégrateur de conneries en tout genre, vulgarisateur de la bêtise en ligne, porte-parole des délires modernes, la voix préférée des beauf, qui mit en doute le 11 septembre 2011, entrainant sur la pente des absurdités ma deuxième actrice préférée : Marion COTTILARD.

Je pense qu’on nous ment sur énormément de choses : Coluche, le 11 septembre. J’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot. Marion COTTILARD

Tout ceci serait amusant si ces guignols n’avaient pas tant de followers (comme on dit maintenant). Fort de leur notoriété, leur pouvoir de diffusion de théories douteuses est amplifié. Et les âmes crédules tombent dans le panneau…

Quel est le mécanisme perfide qui conduit tous ces braves gens à raisonner de travers tout en étant de bonne foi ?

Pour quelle raison trouve-t-on en France dix fois plus d’astrologues (type Madame Soleil) que d’astronomes (Jean-Pierre LUMINET). Pour quelle raison la science, toute puissante depuis les Lumières, cède-t-elle tant de terrain aux croyances les plus farfelues ?

Certes la peur est plus vendeuse que la rationalité ; certes les journaux parlent plus volontiers de trains qui arrivent en retard, mais quand même…

La peur et l’ignorance comme carburant du complotisme

Que nous le voulions ou non, nous sommes, du point de vue cognitif, encore à l’âge de pierre. Pendant 7 millions d’années au moins, la survie de notre espèce a été possible parce que le fonctionnement de notre cerveau s’est adapté aux menaces nombreuses qui nous entouraient, cachées derrière un buisson ou courant dans l’herbe. Nous avions alors quelques secondes pour raisonner à partir de fragments d’informations. Les 2000 dernières années n’y on rien fait. Notre cerveau, comme notre corps en général, sait que l’énergie est précieuse et qu’il convient de l’économiser. Il faut aller au plus simple, c’est une question de survie.

Pour effectuer une tâche donnée, un ordinateur consomme entre mille et un million de fois plus d’énergie que notre cerveau. Gérard BRONNER.

Bref, notre cerveau a appris à simplifier le réel. Aujourd’hui, le flux d’information disponible a accru le problème, d’autant plus que la toile regorge de sites diffusant de fausses informations, d’informations incomplètes. Vous trouverez ainsi plus de sites qui démontrent l’existence du monstre du Loch-Ness ou de la soucoupe volante de ROSWELL que le contraire.

Les problèmes auxquelles notre époque est confrontée sont complexes (changement climatique, pandémie,…) du point de vue scientifique. Or, notre cerveau a gardé ses habitudes préhistoriques : il cherche une solution rapide en utilisant le moins possible d’énergie. Il rejette a priori la coïncidence, le hasard, la faute à pas de chance… Si l’explication est simple, qu’elle donne une lecture du réel, répond à nos angoisses, qu’elle donne le sentiment de reprendre le contrôle, alors elle devient séduisante

L’être humain est un animal cognitif qui souhaite donner un sens au monde, et en particulier aux malheurs qui le frappent. Gérard BRONNER.

D’où les succès des religions qui donnent une réponse simple et apaisante au sujet le plus terrifiant : la mort. D’où, également le succès des collapsologues, comme Yves COCHET, qui désignent le coupable idéal : la mondialisation, le capitalisme….

Soyons clairs : par effondrement, j’entends un phénomène qui, en matière démographique, verrait environ la moitié de la population mondiale disparaître en moins de dix ans. Vers 2035, celle-ci tournerait autour de trois milliards, au lieu des huit milliards postulés par l’INED et l’ONU. Et, dans tous les autres domaines de la vie individuelle et collective, l’ampleur du bouleversement serait du même ordre. En d’autres termes, un effondrement comme jamais l’espèce humaine n’en a connu, jusqu’à être confrontée à la possibilité de son extinction. Yves COCHET.

Les Verts l’ont bien compris aussi. Ils utilisent, volontairement ou non, ce qu’on appelle l’effet tunnel, dénommée aussi l’abstraction sélective qui consiste, pour justifier une thèse, à ne retenir (inconsciemment ou non) que les éléments à charge et à rejeter les éléments à décharge.

Les écrits de Cyril Dion, Aurélien Barrau, Fred Vargas sont des modèles du genre : une longue litanie de faits catastrophiques et disparates qui masquent toutes les évolutions favorables. Gérard BRONNER.

Élise LUCET, grande prêtresse de la mise en scène terrifiante, a bien compris tous les avantages qu’elle pourrait tirer d’une bonne exploitation de nos biais cognitifs. Ses enquêtes sur le glyphosate sont des chefs-d’œuvre de manipulation de nos émotions. Lumière sombre, bande son angoissante, voix off : tout est fait pour démontrer qu’on nous cache tout, qu’on nous dit rien, comme l’a dit Jacques Dutronc. Peu importe si aucune étude sérieuse n’a montré effectivement la présence de glyphosate dans les urines des agriculteurs, le mal est fait.

La peur et l’ignorance comme carburant du complotisme

Ainsi, a titre d’exemple, il est inutile sortir des statistiques qui montrent indiscutablement que le nucléaire civile (Les vrais risques du nucléaire par Jean-Marc JANCOVICI – loin des fantasmes des écolos) est de loin la source d’énergie la moins mortifère et la moins émettrice de CO2.

L’exposition aux rayonnements nucléaires, malgré Tchernobyl, fait chaque année en Europe beaucoup moins de morts que l’exposition aux rayonnements solaires. L’opinion est terrifiée par les conséquences de Tchernobyl et indifférente aux rayons du soleil qui provoquent 50 000 tumeurs de la peau par an en France. Gérard BRONNER.

Cette information est rassurante et donc du même type que 99% des trains arrivent à l’heure. Elle n’explique pas l’angoisse qui tiraille le cerveau. En revanche, rappeler les morts d’ Hiroshima, de Tchernobyl, voilà de quoi retenir l’attention des neurones à peu de frais. Peu d’efforts sont nécessaires pour faire le lien entre les brûlés de Nagasaki et la centrale de Fessenheim, même si ça n’a rien à voir. Notre cerveau, comme toujours, va au plus simple : surtout éviter de consommer de l’énergie pour comprendre ce qui sépare ces deux mondes.

Les croyances proposent des solutions qui épousent les pentes naturelles de l’esprit, elles produiront souvent un effet cognitif très avantageux au regard de l’effort mental impliqué. Une fois une idée acceptée, les individus persévéreront généralement dans leur croyance. Ils le feront d’autant plus facilement que l’avalanche de données rend très facile la rencontre avec des contenus numériques confirmant leur croyance. Gérard BRONNER.

Que faire ?

Il est évident que les Lumières partent avec un handicap. Elles exigent des efforts, de l’investissement pour comprendre le monde, peser les thèses et les antithèses, creuser les sujets, ne rejeter a priori aucun élément. Notre cerveau économe n’est donc pas perméable à ces explications complexes. Mais elles n’ont pas le choix. Si elles veulent éviter que l’obscurantisme ne gagne, elles doivent redoubler d’énergie, faire contre-poids aux thèses délirantes pour, sans cesse, apprendre aux humains à lire correctement le monde.

Un commentaire sur “La peur et l’ignorance comme carburant du complotisme avec Gérard BRONNER

  1. Je suis d’accord avec tout sauf la statistique selon laquelle 99 % des trains arrivent à l’heure. Faut pas déconner non plus.
    Sinon j’ai aussi la preuve que John Lennon est vivant et que ça fait 40 ans qu’on nous manipule. Je ne peux pas en dire plus mais c’est énorme et la vérité va éclater prochainement.