Qui sont ces black blocs ?

Bien entendu, on a un peu de tout dans ce qu’on appelle les black blocs. De simples pilleurs venus faire leurs courses, des mouvances d’extrême droite (toutefois minoritaires), des manifestants opportunistes… Mais surtout, on y trouve des individus qui se réclament de la gauche « ultra », située à la gauche de l’extrême gauche, qui feraient passer un Olivier FAURE ou un Olivier BESANCENOT pour deux dangereux capitalistes. Comme ils le scandent lors des manifestions, ils sont ingouvernables, car refusent toute forme d’autorité.

L’Etat, c’est le mal, mais un mal historiquement nécessaire, aussi nécessaire dans le passé que le sera tôt ou tard son extinction complète. Le pouvoir ne doit pas être conquis, il doit être détruit.. Mikhaïl BAKOUNINE

Black blocs : peu importe pour qui ils votent, nous somme ingouvernables.

Qui sont ces black blocs ?

Outre leur adoration pour le noir, couleur de l’anarchisme, et leur goût pour la violence, seul moyen efficace à leurs yeux, leur point commun) est de refuser tout type d’organisation structurée, tout type d’autorité. Ils n’ont donc pas de leader identifiable, ni de hiérarchie. Il s’agit d’une libre association de personnes. L’ennemi, en premier lieu, est l’État. Il doit être abattu en commençant par ses représentants : les forces de police, de gendarmerie et les militaires (« outils de l’oppression capitaliste » selon eux) et les lieux qui l’incarnent : bâtiments publics, commissariat, monuments… Mais ils vont beaucoup plus loin. Sont également dans leur viseur nihiliste :

  • le capitalisme au sens large (donc les banques, les fast-food, les agences immobilières, les assurances, les panneaux de publicité…) ;
  • les syndicats ;
  • les forces politiques (et à travers elles le système des élections) ;
  • les partis (y compris le parti communiste) ;
  • les représentants du peuple (députés, sénateurs,…) qui sont le contraire d’une démocratie directe ;
  • les mouvements de guérillas (du type mouvements de libération nationale ou les mouvement antifascistes)…

Tout doit disparaître. Ne doivent rester que de petits groupes autonomes, autogérés, ou la démocratie directe est la seule forme de gouvernement autorisée

Un modèle à suivre : Rosa LUXEMBOURG

Héritiers de Proudhon (Quoique très ami de l’ordre, je suis anarchiste) ou de Bakounine (Là où commence l’État, la liberté individuelle cesse, et vice versa), libertaires, refusant tout type d’autorité, ils s’écartent des communistes léninistes (et staliniens) à qui ils reprochent d’avoir créé une super-structure centralisatrice et bureaucratique qui décide de tout. S’il fallait désigner leur maître à pensée, en l’occurrence leur maîtresse, ce serait Rosa LUXEMBOURG. Elle fut à l’origine des ligues Spartakistes, des soulèvements révolutionnaires qui, à la fin de la première guerre mondiale, ont secoué l’Allemagne, parvenant en Bavière à installer une éphémère république des soviets autonome. L’expérience fit long feu, rapidement écrasée par le pouvoir de Berlin secondé par les SA d’Ernts RÖHM.

Rosa LUXEMBOURG refusait tout compromis avec le pouvoir en place. Elle s’éloigna à ce titre du SPD la grande force socialiste allemande qui avait voté les crédits de guerre et accepta le principe des réformes sociales. Elle prônait une prise du pouvoir et la confiscation des moyens de production par la grève générale. La révolution devait partir d’en bas, en s’appuyant sur la masse des prolétaires pour conduire à une démocratie directe, ce qui interdisait toute représentation nationale. Les Soviets (conseils d’ouvriers, de paysans ou de militaires) devaient ensuite se gérer de manière autonome. Les nations devaient, à terme, disparaitre, comme toutes les autres structures organisées grâce à une internationalisation de la révolution. Aussi le chemin emprunté par Lénine ne lui convenait-il pas, puisqu’il instaurait une dictature de parti sur le peuple.

Les marxistes prétendent que la dictature, seule – leur dictature bien évidemment – permettrait d’exprimer la volonté populaire. Notre réponse est celle-ci : nulle dictature n’a d’autre objectif que sa perpétuation et elle ne peut conduire qu’à l’esclavage du peuple la tolérant ; la liberté ne peut résulter que de la liberté, c’est à dire de la rébellion du peuple laborieux et de sa libre organisation. Mikhaïl BAKOUNINE

Assassinée en janvier 1919 (avec son alter ego Karl LIEBKNECHT) , Rosa LUXEMBOURG ne vit pas la III ème Internationale, mais en aurait certainement refusé les termes qui gravaient dans le marbre la « bolchévisation » des partis communistes sur le modèle donné par Lénine.

Qui sont ces black blocs ?

Plusieurs témoignages de black blocs montrent que le fond idéologique est finalement peu présent chez les militants. Ils n’ont souvent rien à dire, rien à revendiquer à part leur haine de la société en général et de la police en particulier. Ils ne sont pas toujours issus de milieux défavorisés. C’est parfois même le contraire. S’agit-il plus finalement d’une technique pour répandre le chaos plutôt qu’un mouvement de pensée ?

3 commentaires

  1. Je suis frappé de voir les analogies idéologiques entre l’ultra gauche et l’ultra libéralisme : l’Etat est l’ennemis qu’il faut réduire, la liberté est le maître mot mais la liberté individuelle brute pas la recherche d’un optimum largement partagé, bref le postulat bon démontré que la liberté individuelle conduira à la liberté collective.