J’ai vu pour vous cette photo de Houria Bouteldja

Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à Londres, une pointure donc, a co-signé dans le Monde en 2017 une tribune en soutien à la porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), Houria Bouteldja. Qui est donc cette personne ? Et quel est ce parti qui défend « les Indigènes de la République », qui semble avoir remplacé la lutte des classes de Marx, par la lute des races ?

Il y a le clivage de classe mais aussi le clivage de race. Le clivage de race est un clivage qui n’est pas assumé, ou ne veut pas être vu, au prétexte que la race n’existant pas, on ne peut pas s’attaquer… La race n’existant pas, on ne peut pas la faire exister… Voilà. On crée du racisme en pointant du doigt l’existence des races sociales qui sont en réalité un produit de l’Histoire et du pouvoir. Houria Bouteldja.

J’ai vu pour vous cette photo de Houria Bouteldja

Et surtout que signifie ce cliché où elle affiche une certaine candeur comme si elle montrait des photos de vacances ? Quel message veut faire passer Houria Bouteldja en posant à côté de cette chaise où figurent deux accroches : SIONISTES AU GOULAG et PEACE (mais goulag quand même) ?

Madame la députée de la France insoumise et Houria Bouteldja - Tribune Juive

A priori, les messages ont l’air contradictoire, le premier envoyant les juifs à la mort et le second demandant la paix.

Le goulag

Le bestialité du Goulag a incroyablement été décrite de l’intérieur en 1973 par Soljenitsyne dans l’Archipel du Goulag (ouvrage critiqué en son temps par la gauche française). Inauguré par Lénine dès 1917, le goulag a trouvé sa pire expression au sein de l’URSS avec Staline (entre 1944 et 1953) avant d’être dénoncé par Kroutchev (dans son rapport dit secret de 1953) et Gorbatchev. Le goulag fut un ensemble de camps de travail où périrent environ des millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Leur crime ? Avoir été en désaccord avec la doctrine du chef. Bref, envoyé quelqu’un au goulag signifie le tuer. Comme appel à la paix (PEACE), on a fait mieux !

Les Sionistes

Les sionistes sont les adeptes du sionisme, c’est-à-dire les partisans de la création d’un foyer national pour les Juifs. Il est apparu pendant l’affaire Dreyfus sous la plume du journaliste Theodor Herzl. Sion, dans l’ancien testament, fait référence à des lieux géographiques où Dieu s’est exprimé par sa présence et que l’on peut aujourd’hui localisés autour de Jérusalem. Le sionisme a trouvé son aboutissement en 1948 avec la création de l’état juif. Un sioniste est donc celui qui réclame un foyer national pour trouver la paix après des siècles de persécutions et d’exil.

En synthèse

En accolant ces deux ensembles de termes, Houria Bouteldja écrit simplement Mort aux juifs. Elle adoucit toutefois son propos par un surprenant PEACE (sauf pour les juifs) ! On note également la présence du symbole de l’anarchie sans lien avec le reste du message.

Je pense que ce qui a changé, c’est qu’il y a une partie de l’antiracisme, et ça me fait beaucoup de peine de dire ça, qui est devenue raciste ! Je parle de vous, madame Bouteldja. Thomas GUENOLE.

Débat entre Thomas GUENOLE et Houria BOUTELDJA

Houria BOUTJELDA : l’idéologie selon laquelle les couples mixtes, la rencontre entre deux cultures, c’est beau, c’est pourri ».

Thomas GUENOLE : Donc les noirs avec les noirs, les Arabes avec les Arabes, les blancs avec les blancs. D’un point de vue technique, pour suivre votre idée, il faudrait faire des lois raciales.

Et les homosexuels ?

Comme chacun sait, la tarlouze n’est pas tout à fait un homme. Ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme. HouriaBOUTJELDA

Sans commentaire.

Philippe Marlière et le combat pour la race en lieu et place de la lutte des classes

Aussi se pose la question du soutien du professeur déjà cité : Philippe Marlière. Que vient-il faire dans cette galère ? aurait-dit Molière. La gauche de la gauche privée de son socle historique constitué jadis par le prolétariat chercherait-elle dans ce combat idéologique un nouveau souffle ?

Comme un mauvais jeu de dominos, un jeu ignoble et dangereux, les accusations calomnieuses sont tombées une à une sur les courants de l’antiracisme politique. La cascade vient de loin, de l’extrême droite, de la fachosphère, de sites xénophobes comme Fdesouche, mais aussi de courants proches de la «gauche» socialiste comme le Printemps républicain, et d’organes de presse tels Causeur, Valeurs actuelles, le Figaro ou Marianne. Des personnalités politiques misent leur va-tout sur les enjeux identitaires et autoritaires – et jouent gravement avec le feu [..]. Philippe MALIERE.

Un commentaire

  1. L’antisémitisme est aujourd’hui puni par la loi. Les antisémites se rabattent donc sur l’antisionisme pour éviter les ennuis.
    Les nouveaux racistes qui se disent de gauche sont-ils vraiment de gauche ? Je ne crois pas, ils constituent une nouvelle forme de fascisme. N’oublions pas que la gauche a pour vocation à travailler à l’accès au bonheur de chacun, quelle que soit sa couleur, sa religion, son milieux… avec la « gauche » dit woke on en est loin. Ses membres veulent se parer des atours de la gauche pour passer pour des gens fréquentables mais ne nous y trompons pas, ne tombons pas dans le piège, appelons un chat un chat et le fascisme le fascisme.