On a lu pour vous Comprendre la nature humaine – The Blank Slate de Steven Pinker

Sur la philosophie des Quatre Chemins

La voix de l’espèce – La théorie de la Table rase qui avait pour ambition d’éradiquer des fléaux tels que le racisme, le sexisme ou les préjugés de classes, a finalement été impuissante contre les totalitarismes. Ignorant les avancées de la science, elle a fait croire à des mythes, tels que le caractère interchangeable des filles et des garçons, la primauté de l’environnement social pour expliquer les différences d’intelligence, ou le fait que la beauté dans l’art est une notion construite. La Table rase est une abstraction théorique qui s’oppose à la vie et à l’humain en ce qu’elle nie notre humanité commune, nos intérêts fondamentaux et nos préférences individuelles. Les romanciers et les poètes ont su dire ces choses mieux que personne.

Comprendre la nature humaine – The Blank Slate – est pour ainsi dire une suite de l’ouvrage de Richard Dawkins Le gène égoïste. Toutefois, alors que Richard Dawkins s’en tenait aux comportements animaux, Steven Pinker nous parle de notre espèce et de notre nature.

Avant-propos – Existe-il une nature humaine ? Question taboue. Envisager que les gènes et l’éducation interagissent pour façonner un individu est scandaleux aux yeux de ceux voient l’esprit comme une page blanche que seule l’éducation peut impressionner. Les tenants de cette position extrémiste, qu’on peut appeler théorie de la Table rase, s’opposent au débat, ignorent délibérément les données scientifiques et affirment qu’admettre l’existence d’une nature humaine peut conduire à des fléaux tels que le racisme ou le sexisme. La rigueur scientifique impose pourtant de poser la question.

Comprendre la nature humaine – The Blank Slate – Résumé

PARTIE I – LA TABLE RASE, LE BON SAUVAGE ET LE FANTÔME DANS LA MACHINE.

Environ 75 % des Américains croient aux récits de la Bible et seulement 15 % adhèrent à la théorie de l’évolution. Au sein du monde intellectuel moderne qui appartient à cette minorité, la vision judéo-chrétienne de l’homme a été remplacée par la nouvelle religion laïque de la théorie de la Table rase.

Chapitre 1er – La théorie officielle – La doctrine de la Table rase influença au XXe siècle les sciences humaines, les sciences sociales ainsi que les croyances politiques et éthiques. Elle est indissociable de deux autres théories : le Bon Sauvage et le Fantôme dans la machine.

La théorie du Bon Sauvage, apparue en 1670 dans l’ouvrage de John Dryden The Conquest of Granada puis popularisé par Rousseau, affirme que les hommes étaient pacifiques avant que la civilisation ne leur eut fait connaitre la cupidité et la violence, par opposition à Hobbes pour qui l’absence d’un pouvoir fort, le Léviathan, conduit les hommes à la guerre de tous contre tous, à la crainte perpétuelle et au danger de mort violente.

La théorie du Fantôme dans la machine, attribuée à Descartes, affirme que le comportement d’un individu est entièrement choisi par son esprit indépendamment de son corps. Descartes fonde ce dualisme sur le fait que le corps, contrairement à l’esprit, peut être divisé. La perte d’un membre n’affecte pas l’esprit ce qui prouve leur indépendance. Le débat actuel sur le statut de l’embryon et sur le moment de l’émergence de l’âme témoigne que la théorie du Fantôme dans la machine n’a pas disparu des sociétés modernes.

Quelle est la cohérence entre ces trois théories ? Si la Table est rase, elle ne commande pas au sauvage de mal agir avec ses semblables et c’est au fantôme qui habite chaque individu de décider de son comportement.

Chapitre 2 – La pâte à modeler – Le darwinisme a vite été dévoyé dans des tentatives de hiérarchisation des races humaines, consistant à interpréter leurs différences en termes de degré d’évolution plutôt que d’adaptations à des conditions géographiques. Transposées sur le plan politique, elles ont conduit, dans certains pays occidentaux, à des lois visant l’eugénisme et à l’élimination de millions de juifs, de gitans et d’homosexuels par le régime nazi. Depuis les années 1920, aux États Unis, la réussite sociale d’immigrants appartenant à tous les groupes ethniques, Noirs, Juifs, Asiatiques, a démontré l’absence totale de fondement du darwinisme social et installé la doctrine de la Table rase sous le nom de Modèle standard des sciences sociales ou Constructivisme social. L’enfant à éduquer devait être le centre des préoccupations.

Les fondements des théories modernes d’éducation furent posés par John Locke et John Stuart Mill : partant d’une table rase, l’enfant associe différentes sensations correspondant à chaque objet qu’il rencontre pour les reconnaitre ensuite. Le béhaviorisme alla plus loin. En attribuant l’intégralité de la construction psychologique de l’enfant à son environnement, il ne s’intéressa qu’au comportement manifeste de l’individu, écartant la biologie, la génétique, les envies et les instincts. Ainsi, une éducation de masse adéquate permettrait d’éradiquer des fléaux tels que la violence, la surpopulation ou la pollution.

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