La naturopathie : l’El dorado des nouveaux charlatans

En ces temps de pandémies, il est inquiétant de voir ressurgir, notamment dans la domaine de la santé, la « pensée magique » : cette pensée qui annonce des remèdes miracles, des traitements aux pires maladies, sans preuve, sans socle scientifique ; cette pensée, terriblement séduisante puisqu’elle s’appuie sur des principes a priori incontestables, tels que « ce qui est produit par la nature est forcément bon pour notre santé » et qu’elle promet des guérisons sans faire appel aux méchants de Big-Pharma. On pourrait tout de suite rétorquer que l’amanite phalloïde, la piqure de frelon, mais également les virus de la variole ou de la rage sont aussi des produits par la nature et que c’est Big-Phama qui a inventé, entre autres, le vaccin contre la diphtérie, l’aspirine, le tri-thérapie… mais allons plus loin…

La qualité première d’un charlatan est de promettre le meilleur à des esprits particulièrement perméables, car inquiets, angoissés par des lendemains peu glorieux, méfiants envers des institutions qu’ils rejettent de manière générale… Le charlatan a peu de formation scientifique (il est plus habile pour manier l’art de la persuasion que les équations différentielles). D’ailleurs, il ne cherche pas à démontrer. C’est inutile (d’autant lus que c’est impossible). Ou lorsqu’il le fait, il s’appuie sur des articles douteux, non reconnus, voire entachés d’erreurs ou carrément malhonnêtes. Consciemment ou non, il est victime du biais de confirmation, retenant systématiquement dans sa besace les éléments en faveur de sa thèse (la mémoire de l’eau pour l’homéopathie par exemple, même si la fraude scientifique a été caractérisée) et rejette sans même y réfléchir les arguments la réfutant (l’ensemble des études scientifiques pour le cas de l’homéopathie).

Et les naturopathes ?

Voici le nouveau terrain de jeu de nos charlatans modernes. La naturopathie. Pour la définir en quelques mots, il convient de revenir au sempiternel sophisme (argument qui parait frappé de bons sens mais qui en fait est sans fondement) :

Les produits de la nature sont bons (pour notre santé), ceux produits par l’homme sont mauvais. Un naturopathe.

C’est évidemment faux, mais tellement séduisant. On retrouve les idées qui sous-tendent les religions : la création (la genèse) est l’apanage du ou des dieux (selon les cultures). L’homme qui créée se prend pour Dieu et pèche par hybris (démesure au sens que lui donnait les Grecs). Toute la mythologie grecque raconte ainsi des héros qui se prennent pour Dieu et qui sont finalement punis (pour avoir voulu voler Icare voit ses ailes réduites en cendres). De nos jours, la PMA, la thérapie génique, la vaccination subissent les foudres des croyants (et de ceux dont le logiciel est inconsciemment imprégné de culkture religieuse) pour les mêmes raisons : l’homme se mêle de ce qui ne le concerne pas : la création.

Et c’est ici que la naturopathie trouve sa place : elle propose de soigner par les plantes ou d’autres produits « naturels » (par essence bon pour la santé) et de rejeter les fabrication humaines (a priori toxiques) comme les médicaments et les vaccins. Elle s’inscrit donc dans la tradition chrétienne. ce ne serait pas un problème si elle s’arrêtait-là. Outre le fait que les naturopathes n’ont aucune formation en médecine (et sont donc incompétents pour les diagnostics et peuvent passer à côté de maladies nécessitant des soins), ils proposent des remèdes dont l’efficacité n’a jamais été prouvée.

Britt Marie Hermes

Mais laissons la parole à Britt Marie Hermes : (extrait de Wikipédia) Ses écrits traitent de manière plus générale de la formation et des pratiques des naturopathes agréés en Amérique du Nord, et des problématiques liées à cette pratique. Sa critique de la naturopathie, particulièrement intéressante par sa position d’apostate, a attiré l’attention et l’a amenée à être décrite comme une lanceuse d’alerte de cette profession. Elle est désormais reconnue comme une défenseure de la médecine fondée sur les faits et une opposante aux pseudo-médecines.

Le journal de la naturopathie

Depuis 2015, Britt Marie Hermes alimente un blog, Naturopathic Diaries dans l’objectif de dénoncer les contre-vérités sur lesquelles s’appuient les naturopathes. Elle dénonce également l’absence d’information donnée aux patients et bien sûr l’absence de preuve scientifique de l’efficacité de la naturopathie. Elle met en garde contre les risques de mise en dangers d’autrui liées à des traitements inefficaces sur des pathologies mortelles (cancer par exemple).

Les naturopathes ne sont pas des médecins. Les traitements (qu’ils proposent) peuvent être très coûteux, parfois des milliers de dollars, et sont fondés sur des principes qui relèvent de la magie : les patients renoncent aux traitements conventionnels et cela peut retarder le traitement ou les empêcher de recevoir le traitement qui pourrait potentiellement sauver leur vie. Britt Marie Hermes.

Naturopathic medicine is not any kind of medicine. It is an ideology based on pseudoscience. But, in an effort to generate legitimacy, proponents of naturopathic “medicine” love to claim that the profession offers something special. The Association of Accredited Naturopathic Medical Colleges (AANMC) describes a “naturopathic physician” as follows :

Today’s naturopathic physicians artfully blend modern, cutting-edge diagnostic and therapeutic procedures with ancient and traditional methods. These physicians are succeeding in their goal to present the world with a healing paradigm founded on a rational balance of tradition, science and respect for nature. Because naturopathic physicians believe in understanding patients from the cellular level up, they actively pursue the latest biochemical findings relating to the workings of the body and the dynamics of botanical medicines, nutrition, homeopathy and other natural therapies. Their diagnoses and therapeutics are increasingly supported by scientific evidence.

Lies like these are duping patients, students, and lawmakers into believing that naturopathy is the medicine of the future.

The central concepts of naturopathic medicine were founded in a pre-scientific era and have failed to evolve with advancements in medicine and science. The naturopathic tenets combine the debunked theory of vitalism with precepts well-established in conventional medicine, such as disease prevention, patient education, and lifestyle counseling. Naturopathy’s blend of scientifically archaic ideas with practices already ingrained in medicine does not make for a superior system of healthcare. It amounts to a group of under-qualified health practitioners trained in dubious and debunked therapies (i.e. homeopathy and botanical remedies) trying to engage in the practice of medicine. Naturopathic therapies are not increasingly supported by scientific evidence. In fact, science increasingly substantiates the failures of these therapies as safe and effective interventions. The practice of naturopathic medicine, as taught by accredited naturopathic programs in North America, is unscrupulous and dangerous.

How do I know? I  practiced as a licensed naturopathic doctor in the United States for three years. I left after discovering that the naturopathic profession is rife with professional misconduct and unethical treatments, including:

  • ozone therapy
  • high-dose vitamin therapy
  • intravenous injections of vitamins, minerals, and herbs
  • homeopathy
  • hydrotherapy
  • naturopathic spinal manipulations
  • energy medicine
  • healing touch
  • alternative cancer therapies
  • the illegal use of unapproved pharmaceutical medications
  • experimental therapies for diseases including cancer and chronic illnesses

Naturopaths are advertising and talking about these practices behind closed doors. But in public, naturopaths claim these therapies are “evidence-based.” As a former member of this community, I feel ethically compelled to speak out against the quackery that comprises naturopathic medicine.

Naturopathic Diaries provides accurate information about naturopathic education, training, and common practices in an effort to protect patients. This information contests materials put out by the naturopathic profession, which I believe are misleading and often times, blatantly false. Naturopathy does not convey the same credibility or deserve the same respect as medicine.