Dans la série : Les Charlatans modernes : La toxicité des anti-Vax

Connaissez-vous Andrew Wakefield ? Il avait tout pour plaire. Jeune, beau et surtout chirurgien ! Un homme de confiance donc… Ayant sans doute fait le tour de l’art du bistouri, il s’orienta dans un second temps vers la recherche et plus précisément sur l’étude des effets indésirables des vaccins et, en particulier, le ROR (Rubéole, Oreillons et Rougeoles). Il aurait ainsi montré (nous verrons plus loin la fraude) un lien entre le ROR et l’autisme. Du pain béni pour tous les anti-vax : un scientifique apporterait de l’eau à leur moulin. La rumeur se répandit comme une trainée de poudre à travers le monde. L’étude fut publiée dans le Lancet (revue médicale de référence) en 1998, ce qui lui conféra une sorte d’immunité collective.

Aussi vit-on une baisse du taux de couvertures de la vaccination à travers le monde et on vit réapparaitre des cas de rougeoles et les morts qui allaient avec.

Et puis, patatras ! Un journaliste britannique (Brian Deer) démontra la fraude qui fut confirmée par le GMC (General Medical Council : l’ordre des médecins britannique), puis par l’ensemble de la communauté scientifique. Le Lancet retira l’étude et les principaux collaborateurs de Wakefield se désolidarisèrent du chercheur.

L’eau n’était pas si pure ; Andrew Wakefield n’était finalement pas philanthrope : son idée (cachée bien sûr) était de commercialiser à terme des tests à grande échelle et de collecter quelques subsides.

Radier de l’ordre des médecins britanniques, il s’exila aux États-Unis pour prouver sa bonne foi… Il continua à batailler contre le ROR, notamment dans sa région d’accueil (Le Minesota) où le taux de vaccination baissa de moitié et où une vague de rougeoles exceptionnelle se produisit. De nombreux enfants décédèrent.

Pour exceller dans la métaphore immobilière, cette histoire peut être résumée ainsi :

Dans le vaste chantier de l’opinion publique, la fraude prend l’ascenseur lorsque la vérité prend l’escalier…

Malgré les démentis de l’ensemble de la communauté scientifique, les vers présents dans le fruit continuèrent à proliférer. L’idée d’un lien entre le ROR et l’autisme persista et les études de Wakefield sont encore citées par les plus acharnés des anti-vax. Leur toxicité (des anti-vax), n’est, quant à elle, plus à démontrer.

Pour en savoir plus su ce charmant personnage.

Et aussi : synthèse des études. Conclusions and Relevance  In this large sample of privately insured children with older siblings, receipt of the MMR vaccine was not associated with increased risk of ASD, regardless of whether older siblings had ASD. These findings indicate no harmful association between MMR vaccine receipt and ASD even among children already at higher risk for ASD.

Wakefield is the subject of The Doctor Who Fooled the World, a riveting new book by investigative journalist Brian Deer. It was Deer’s reporting in The Sunday Times and The BMJ that helped to debunk the 1998 study as fraught with ethical, financial and methodological impropriety. It was eventually found to have involved undisclosed conflicts of interest, and to have subjected minors to unwarranted procedures and mischaracterized their samples. Wakefield continues to defend his actions and conclusions.

Un extrait de radio-canada

Il y a 20 ans, le gastro-entérologue britannique Andrew Wakefield publiait un article qui allait semer la panique dans le monde entier : il démontrait un lien direct entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole et l’apparition de l’autisme chez les enfants. Yanick Villedieu, alors journaliste, se rappelle la commotion suscitée par ce qui est connu aujourd’hui comme l’une des plus grandes fraudes scientifiques.

« Quand on fait une découverte comme ça dans le domaine de la santé, tout de suite, tout le monde se met à étudier ça », affirme le journaliste à la retraite.

Très vite, de nouvelles études ont été menées sur des dizaines de milliers d’enfants, mais aucune n’a permis d’établir un tel lien entre le vaccin et l’autisme.

« Il y avait des erreurs dans l’étude de Wakefield, ce qui peut être normal, mais on s’est rendu compte après qu’il y avait de la fraude, qu’il avait triché sur les cas décrits », relate Yanick Villedieu.

Il rappelle que seulement 12 enfants avaient été étudiés par le gastro-entérologue.

Une enquête de la BBC a par la suite révélé qu’Andrew Wakefield était en outre en situation de conflit d’intérêts, puisqu’il représentait, à l’époque, des parents qui voulaient poursuivre la compagnie qui avait fait le vaccin.

C’est ce qui a amené le prestigieux journal The Lancet, qui avait publié l’étude, à retirer l’article en 2010. « Ce qui est très rare », précise Yanick Villedieu.

Le mal était toutefois déjà fait. Encore aujourd’hui, les militants anti-vaccin se servent de cette étude pour prouver leur point, et de nombreux parents craignent de faire vacciner leurs enfants.

Cette histoire a-t-elle dissuadé Andrew Wakefield de poursuivre sur la voie anti-vaccin? Au contraire, « il persiste et signe », indique Yanick Villedieu. Maintenant installé au Texas, le scientifique a même fait un documentaire en 2015 pour discréditer la vaccination.