Dans la série les charlatans modernes : les homéopathes

En fait pas si moderne que ça. Le premier de ces charlatans était allemand et sévissait au XVIIIème siècle ! A cette époque, on ne connaissait que la purge et la saignée qui faisait, reconnaissons-le, plus de morts que de guéris. Aussi, Samuel Hahnemann (médecin allemand dont l’ouvrage de référence en 1796 s’intitule Essai sur un nouveau principe pour vérifier le pouvoir curatif des substances médicinales) chercha-t-il une méthode alternative en s’appuyant sur deux principes (fort peu scientifiques ) :

  1. On peut guérir le mal par le mal ; il suffit donc d’administrer une substance pathogène (mais diluée) ; c’est la théorie des « semblables » ;
  2. La dilution extrême et l’agitation du flacon ont le pouvoir de dynamiser ce qui reste de substance, voire si celle-ci a disparu, de dynamiser l’eau.

L’unité de dilution en homéopathie est le CH en souvenir du médecin allemand dont l’initiale H a été ajoutée au taux de dilution (C pour cent fois). Aussi, 12 CH signifie que l’on a dilué 12 fois (de cent), c’est-à-dire qu’en fin de dilution la concentration du produit est de 0.000000000001 plus faible que celle du produit initial. Bref, si vous tombez sur la dernière molécule, considérez-vous comme chanceux ! Le brave Hanemann préconisait de diluer 30 fois (30CH). Vous aurez alors plus de chance de trouver un cheveu sur la tête d’un chauve que de molécule active.

Mais peu importe, la dilution, le médecin allemand s’appuyait sur (citation) : «la force spirituelle dématérialisée ». (Cette force aurait été mise en évidence par Jacques Benveniste qu’il nomma la mémoire de l’eau , avant que son étude ne soit invalidée par la communauté scientifique pour fraude (Benveniste était par ailleurs sous contrat des laboratoires BOIRON)).

Que dit la communauté scientifique aujourd’hui ?

Une fois n’est pas coutume, il y a consensus : au-delà de l’effet placebo, la science n’a jamais démontré (malgré 180 ans de recherches et des milliers d’études) l’efficacité de l’homéopathie. Mais ne retenons que la principale, publiée en 2015 par le NHMRC (National Health and Medical Research Council)qui est en fait une compilation de 57 méta-études réalisées entre 1997 et 2013. En voici les conclusions :

Il n’existe aucun problème de santé pour lequel il existe des preuves satisfaisantes de l’efficacité de l’homéopathie [..]. L’homéopathie ne devrait pas être utilisée pour traiter des pathologies chroniques, graves ou potentiellement graves. Source : NHMRC


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Pourquoi est-ce si populaire (notamment en France) ?

Même si ça ne marche pas (au-delà de l’effet placebo), l’homéopathie est

  • séduisante (on soigne sans principe actif et donc sans effet secondaire et on s’intéresse à l’équilibre général du patient) ;
  • sans danger (sauf si elle intervention en substitution d’un vrai traitement)
  • naturelle.

Par ailleurs, les tenants de l’homéopathie l’on enrobée d’un vernis scientifique avec un cortège d’études (peu fiables et démontées par la communauté scientifique) et du vocabulaire abscons.