Brève histoire de la seconde guerre mondiale

Les causes de la guerre

La première guerre mondiale s’acheva officiellement le 21 juin 1919, lorsque les Alliés s’accordèrent sur les termes du Traité de Versailles. Ce Traité, paraphé en l’absence des vaincus, imposa à l’Allemagne des réparations de guerre considérables qui seront, 30 ans plus tard, à l’origine de la seconde guerre mondiale. Ce fut essentiellement Clemenceau qui poussa ainsi à “punir les vaincus”.

Traité de Versailles – ique, Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Georges Clemenceau, chef du gouvernement français et ministre de la Guerre et Woodrow Wilson, le président américain

L’Allemagne de l’entre-guerres (dite « république de Weimar(1919-1933) ») fut écrasée par les réparation des dommages de guerre. Elle sombra dans la misère et et l’hyperinflation. Cette situation entraîna l’éclosion des populismes avec l’apparition de groupuscules :

  • communistes (ligues spartakistes de Rosa Luxemburg par exemple), téléguidés par Moscou ;
  • et nationalistes (les SA d’Ernst Röhm).

Démobilisé à la fin de la guerre, Hitler fut utilisé par le gouverneur de Bavière comme « informateur ». La Bavière était à cette époque le théâtre d’affrontements entre les groupuscules précités. Il infiltra, à ce titre le NSDAP (National Socialist Deutsche Partei), un minuscule parti politique dirigé alors par Anton DRAXLER, un anti-sémite notoire, avant d’en devenir son leader et de permettre, grâce à ses talents d’orateur et l’appui de son chef de la propagande Joseph Goebles (1897-1945), son succès en défendant des thèses nationalistes et anti-sémites. Il simplifia le nom en parti National Socialist ou parti nazi en abrégé. D’anciens gradés prestigieux, comme le Maréchal Lundendorff, le stratège de la première guerre mondiale, ( (1865-1937), le rejoignirent.

Hitler, fin politicien, comprit très vite ce qu’il pourrait tirer de “la peur des Rouges”, d’une part, et du sentiment d’humiliation créé par le “Diktat de Versailles”, d’autre part. En 1922, l’arrivée au pouvoir des fascistes de Mussolini en Italie (marche des chemises noires sur Rome) fut pour Hitler la démonstration que la conquête du pouvoir était possible, y compris par la force. Il n’eut de cesse alors, en habile orateur, de multiplier les meetings en dénonçant “le complot judéo-bolcheviks” (théorisé dans le pamphlet qui circulait alors sous le manteau (Le protocole des sages de Sion). Ce complot fut, selon Hitler, la cause principale de la défaite de 1918, les Juifs et les communistes ayant organisé des grèves à l’arrière du front pour ruiner l’effort de guerre (le coup de poignard dans le dos (Dolchstoßlegende)). Après sa tentative de putsch ratée en 1923 (dit « Putsch de la brasserie »), Hitler profita de son séjour en prison pour écrire, sous la plume de Rudolf HESS (1814-1987), Mein Kampf (mon combat), véritable programme politique dans lequel il établit la supériorité de la race arienne. Sa haine des Juifs le conduisit également à décrire les premiers éléments de ce qui deviendra la solution finale (programme organisé d’élimination des Juifs (mise en œuvre sous l’impulsion de Reinhard Heydrich lors de la conférence de Wansee en janvier 1942). Les premiers évènements sérieux pour la communauté juive se dérouleront dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, lors de la nuit de cristal (le saccage des commerces par la nazis).

Hitler décrit également dans Mein Kampf sa volonté d’élargir à l’Est l’espace vital de l’Allemagne (Lebensraum) au détriment des « races inférieures », slaves notamment. Sa volonté de revanche contre la France est omniprésente dans Mein Kampf, annonçant ainsi la seconde guerre mondiale.

La crise de 1929 frappa de plein fouet l’Allemagne qui dépendait depuis 1918 des capitaux américains. Elle apporta des partisans supplémentaires au parti nazi.

Les prémices de la guerre

Le parti Nazi devint le premier parti de l’Allemagne à l’occasion des élections de 1933. Le président Hindenburg proposa à Hitler le poste de Chancelier qu’il accepta. L’incendie du Reichstag, le 27 février 1933, organisé en secret par les Nazis, devint le prétexte pour interdire le parti communiste.Le premier camp de concentration (Dachau) ouvrit ses portes le 20 mars 1933. La police politique (GESTAPO) fut créée le mois suivant avec à sa tête Reinhard Heydrich, puis Heinrich Himmler (1929-1945). Les premières lois anti-juives furent immédiatement votées (Lois de Nuremberg sur la protection du sang allemand en 1935) . La SS (Schutzstaffel), véritable milice politique, vit également le jour, avec à sa tête Heinrich Himmler. Hitler élimina ses anciens alliés trop agités lors de la nuit des long couteaux (juin 1934), dont Ernst Röhm et les principaux chefs de la SA. A la mort de Hindenburg (2 aout 1934) , il décida de cumuler les fonctions de chancelier et de président. Hitler avait, dès lors, un terrain propice au déroulement du programme de Mein Kampf.

En parallèle, Hitler commença à préparer la guerre en remilitarisant l’Allemagne en violation délibérée du Traité de Versailles. La faiblesse de la française lui confirma que les grandes puissances, traumatisées par les millions de morts de la Grande Guerre, ne voulaient plus s’engager dans un nouveau conflit. En 1935, l’invasion de l’Éthiopie de l’empereur Haïlé Sélassié Ier par les troupes de Mussolini montra l’inefficacité de la Société des Nations (SDN). Cette SDN avait été voulue à l’issue de la première guerre mondiale, notamment par Aristide Briand et Woodrow Wilson le président américain pour prévenir ou régler les conflits internationaux. Le discrédit de la SDN fut complet après le massacre (ou viol) de Nankin par les Japonais en 1937 avec la mort de 80 000 Chinois. Cette apathie institutionnelle encouragea Hitler à annexer, en mars 1938, l’Autriche (l’Anschluss), puis en août 1938 les Sudètes. La France (de Daladier) et l’Angleterre (de Chamberlain) acceptèrent le fait accompli en signant avec Mussolini et Hitler les Accords de Munich du 30 septembre 1938. Il s’assura de la neutralité de Staline (pacte germano-soviétique du 23 aout 1939) pour prévenir, en cas de conflit avec la France, un deuxième front à l’Est. Ce ne fut qu’après l’invasion de la Pologne, le 1er septembre 1939, que la France et l’Angleterre déclarèrent la guerre à l’Allemagne. A la surprise générale, l’Allemagne et l’URSS de Staline se partagèrent la Pologne (dans le cadre du pacte germano-soviétique alors secret). Les soviétiques en profitèrent même pour envahir la Finlande. La seconde guerre mondiale avait commencé.

Un conflit mondial

La seconde guerre mondiale débuta par « la drôle de guerre », pendant laquelle les ennemis restèrent une année entière l’arme aux pieds : les Français et les Britanniques derrière la ligne Maginot et les Allemands derrière la ligne Siegfried.

La défaite française

Hitler en profita pour poursuivre le réarmement de l’Allemagne. Le 10 mai 1940, se sachant prêt, il ordonna à ses généraux de déclencher la guerre éclair (Blitzkrieg) sur la Belgique et les Pays-Bas dans l’objectif stratégique d’attirer les armées franco-britanniques vers le nord. Les Ardennes, ainsi sans défense, furent facilement franchies en quelques semaines par les blindés de la Wehrmacht sous les ordres de Guderian. Le 22 juin 1940, la France capitula. Hitler exigea une cérémonie officielle dans le wagon de Retondes, où avait été signée la capitulation allemande de 1918. L’Angleterre restait seule dans le conflit.

La France dans la guerre

L’Assemblée nationale vota les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain (héros de la grande guerre à Verdun) mettant un terme à la IIIème République, qui avait vu le jour après la chute du second empire (1870). Ce dernier engagea le pays sur la voie de la collaboration, dont le point d’orgue fut la poignée de main de Montoir entre Hitler et Pétain en octobre 1940. La France fut alors divisée entre une zone occupée au nord et une zone libre au sud. Vichy devint la nouvelle Capitale de la « France libre ». Le gouvernement de Pierre Laval, nouveau président du Conseil, s’y installa et commença à pousser encore plus loin la collaboration avec les premières lois anti-juives qui aboutirent en juillet 1942 à la Rafle du Vel’d’hiv : des milliers de juifs, tsiganes et handicapés furent arrêtés par la police française et entassés au Vel’d’iv en vue de leur déportation. Laval organisa l’envoi d’ouvriers français en Allemagne dans le cadre du service du travail obligatoire (STO), ainsi que de soldats français sur le front russe (division Charlemagne). Le Général de Gaulle fut l’un des seuls haut-gradés à s’opposer à cette politique. Il lança le 18 juin 1940 son appel à la résistance sur les ondes de la BBC à Londres. Il organisa les réseaux de résistance avec Jean Moulin en s’appuyant notamment sur les forces armées de la France libre en Afrique du nord. L’attaque de la flotte française stationnée à Mers El Kebir (Algérie) par le Royal Navy fut utilisée par les Vichystes dans le cadre de leur propagande anti-britannique, mais justifiée par De Gaulle : les navires français risquaient de tomber alors dans les mains de nazis. Plus de mile marins français trouvèrent la mort.

Une guerre mondiale

A l’autre bout de la terre, le Japon (de l’empereur Hiroito), allié de l’Allemagne et de l’Italie dans le cadre de la triple alliance (scellée par le pacte d’acier de 1940) , s’engagea également dans une politique expansionniste (entamée depuis les années 30 avec l’invasion de la province chinoise de Mandchourie). L’attaque surprise sur Pearl Harbor (principal port militaire américain sur le Pacifique) en octobre 1941 précipita l’Amérique dans la guerre aux côtés des Alliés. L’opinion américaine, jusque-là isolationniste, fit en effet basculer l’opinion publique. Le Président Roosevelt enclencha dès lors une politique d’aide matérielle massive à l’Angleterre de Churchill, perturbée seulement par les U-boats de l’Amiral Dönitz qui infestaient l’Atlantique.

Après l’échec de la bataille d’Angleterre (1940) menée par la Luftwaffe (armée de l’air) de Göring, Hitler demanda à ses généraux de préparer une attaque à l’est (Opération Barba-rossa (Barbe rousse), 22 juin 1941) visant à mettre en œuvre sa politique de conquête de «l’espace vital». Après une avancée fulgurante de l’armée allemande, les Russes parvinrent à stabiliser la situation à Stalingrad. Les troupes de Staline engagèrent la contre-offensive qui allait les conduire jusqu’à Berlin. A partir de 1943, l’affaiblissement des armées allemandes se fit sentir sur tous les fronts.

En Afrique du nord, l’Africa Korp de Rommel durent se replier devant les assauts combinés des Français et des Britanniques de Montgommery, notamment sur El Alamein (Égypte) en juillet et octobre 1942. Le débarquement de Normandie, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, fut le point de départ de la reconquête de la France occupée. L’Allemagne commença à se recroqueviller sur son territoire, puis sur sa seule Capitale Berlin. Cette dernière tombera aux mains des Russes en juin 1945. Les Alliés préparèrent alors l’après-guerre lors de la conférence de Yalta en février 1945, dont le but fut triple :

  • se coordonner du point de vue militaire pour achever rapidement le conflit ;
  • préparer la nouvelle organisation de l’Europe ;
  • travailler à la stabilité mondiale.
Les dirigeants alliés à la conférence. De gauche à droite : Churchill, Roosevelt et Staline.
Conférence de Yalta en février 1945

Hitler, voulant éviter le lynchage publique subi par Mussolini, se suicida dans son bunker de Berlin. L’Allemagne de l’amiral Dönitz accepta une capitulation sans condition, laissant le 3ème Reich en ruines. La défaite fut également l’occasion de découvrir l’horreur des camps de concentration, fruits de la politique antisémite de l’Allemagne nazie. L’Allemagne fut partagée par les Alliés en quatre zones d’occupation.

Dans le pacifique, les Américains durent utiliser la bombe atomique sur Nagasaki et Hiroshima pour venir à bout de l’incroyable ténacité de l’ennemi japonais.

Le bilan de la guerre : des conséquences lourdes

Un bilan humain très lourd notamment civil

Ce conflit fut le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité avec 50 millions de morts, militaires et civils, 6 millions de Juifs perdirent la vie. Le bilan matériel fut aussi important : de nombreuses villes, comme Dresde en Allemagne ou Varsovie en Pologne, furent entièrement détruites.

La guerre froide

La seconde guerre mondiale façonna le monde tel que l’on connaît aujourd’hui. Elle ouvrit les portes de l’Europe à Staline qui installa des régimes communistes dans tous les territoires de l’est conquis, abattant, selon le mots de Churchill, un rideau de fer en Europe quine se relèvera en 1990 sous l’impulsion du réformateur Gorbatchev. Le mur de Berlin fut l’expression la plus concrète de la prophétie de Churchill (discours de Fulton le 6 mars 1946). Pour contrer l’avancée communiste en Europe, le président américain Truman mit sur pied le plan Marshall visant à relever l’économie des pays dévastés.

Création d’Israël

Sous l’impulsion de Ben Gourion, un vote de l’ONU permit aux Juifs de disposer d’un état (Israël) sur les terres de Palestine. Cette création est à l’origine de nombreux conflits du Moyen-Orient qui font encore rage aujourd’hui. La fondation en 1962 de l’OLP (Organisation de libération de la Palestin) d’Arafat en est une illustration.

ONU

L’Organisation des Nations Unies fut fondée en 1945. Le 9 décembre 1948, l’organisation adopte la Convention pour la prévention et répression du crime de Génocide et le 10 décembre 1948 la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. C’est ainsi que l’on commença à envisager une construction Européenne prospère, notamment pour éviter la répétions des conflits sur le vieux continent. . La réconciliation entre la France et l’Allemagne devint essentielle dans le cadre de la guerre froide qui s’installa entre les deux nouvelles grandes puissances : États-Unis et l’Union Soviétique.

Décolonisation

La seconde guerre mondiale sonna le glas des puissances européennes dont l’Empire colonial commença à se déliter. Dès le 8 mai 1945, les premiers troubles secouèrent l’Algérie (massacres de Sétif) ; d’autres s’y ajouteront notamment en Indochine., puis dans l’ensemble des possessions françaises.

La dissuasion nucléaire qui maintient la paix depuis 1945 entre les grandes puissances est également directement liée à ce conflit.

Le procès de Nuremberg

Les dignitaires nazis encore en vie furent juger au procès de Nuremberg (1945-46). Ce fut l’occasion pour l’opinion publique mondiale de découvrir l’horreur des camps. Douze d’entre-eux furent condamner à mort : Martin Bormann (aide de camp d’Hitler et probable successeur), Hans Frank (gouverneur de Pologne), Wilhelm Frick (ministre de l’intérieur), Hermann Göring (patron de la Luftwaffe et numéro 2 du régime) Alfred Jodl (chef des commandos de la Wehrmacht), Ernst Kaltenbrunner (artisan de la Shoah), Wilhelm Keitel (général), Joachim von Ribbentrop (ministre des affaires étrangères), Alfred Rosenberg (théoricien du régime nazi), Fritz Sauckel (responsable du travail forcé en Allemagne), Arthur Seyß-Inquart (gouverneur des Pays-bas) et Julius Streicher (compagnon d’Hitler depuis le putsch de 1923).

En résumé

Avant-guerre

Traité de Versailles (1919) – Hitler Chancelier (1933) – Nuit des Longs Couteux (1934) – Lois de Nuremberg (1935) – Massacre à Nankin (Chine) par les Japonais (1937) – Anschluss (Autriche) – Accords de Munich (1938) – Nuit de Cristal (1938) – Pacte d’acier (Italie – Allemagne) – Pacte germano-soviétique

1939

Invasion de la Pologne par les Allemands – Déclaration de guerre de la France et de l’Angleterre à l’Allemagne – Drôle de guerre – Partage de la Pologne entre Allemands et Soviétiques – Invasion de la Finlande par les Soviétiques.

1940

Campagne de France – Dunkerque – Occupation de la Belgique et des Pays-Bas – Bataille d’Angleterre – Appel de De Gaulle – Armistice – Attaque des Italiens en Afrique du Nord – Axe Rome-Berlin- Tokyo – Poignée de main de Montoir – Invasion de la Grèce par Mussolini.

1941

Pacte de non-agression (Japon – URSS) – Opération Barbarossa – Charte de l’Atlantique – Pearl Harbor – Déclaration de guerre US au Japon – Déclaration de guerre Allemagne aux US.

1942

Conférence de Wannsee – Bombardement US sur Tokyo – Midway – Traité assistance mutuelle Grande-Bretagne / l’URSS – Raid canadien sur Dieppe – Débarquement Allié en Afrique du Nord – Stalingrad

1943

Conférence de Casablanca – Capitulation Wehrmacht à Stalingrad – Guadalcanal – Arrestation de Jean Moulin – Débarquement Allié en Sicile – Koursk – Chute de Mussolini – Conférence Quadrant au Québec – Débarquement des Alliés en Italie – Libération de la Corse – Conférence de Téhéran.

1944

Capitulation italienne – Débarquement de Normandie – Débarquement US aux Mariannes – Attentat manqué contre Hitler – Débarquement allié en Provence – Libération de Paris – Bataille des Ardennes.

1945

Soviétiques à Berlin – Conférence de Yalta – Libération de Manille – Libération d’Auschwitz – Prise de Budapest par les Soviétiques – Bataille d’Okinawa – Suicide de Hitler – Chute de Berlin – Capitulation de l’Allemagne – Conférence de San Francisco – Conférence de Potsdam – Hiroshima et Nagasaki – Condamnation à mort du maréchal Pétain – Capitulation du Japon.

Après-guerre

Procès de Nuremberg – Guerre d’Indochine – Plan Marshall – Procès de Tokyo – Déclaration universelle des droits de l’homme.