La puissance des fake news expliquée

Avez-vous entendu parler de la loi de Bandolini ? Ce n’est pas une loi. Plutôt un constat. Que dit-elle ?

La loi de Brandolini, ou principe d’asymétrie des idioties, est un adage ou aphorisme énonçant que la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des idioties est supérieure d’un ordre de grandeur à celle nécessaire pour les produire.

Pour le dire simplement, il est plus facile de dire une énormité et de convaincre des crédules que de démontrer que cette énormité est fausse. Ou comme le dit Lénine encore plus simplement :

Un imbécile peut poser à lui seul dix fois plus de questions que dix sages ensemble ne sauraient en résoudre. Lénine

Bref l’erreur prend l’ascenseur lorsque la vérité doit se contenter de l’escalier. En d’autres termes, la désinformation à l’avantage sur l’information, car cette dernière nécessite dix fois plus d’énergie pour s’imposer. L’efficacité de la désinformation a été démultiplié avec l’apparition des réseaux sociaux. Les algorithmes proposent en effet aux crédules les articles les confortant dans leurs erreurs. Ces derniers tournent en circuit fermé dans leur océan d’erreurs sans jamais être confrontés à la contradiction. Par ailleurs, le débit des fausses informations est tel qu’il n’y a pas assez de scientifiques pour les combattre. Ce débit est accéléré par le caractère disruptif de la fausse information : plus c’est gros, plus c’est choquant, plus çà circule vite ! Rajoutons à tout ça le biais de confirmation (ou effet tunnel qui consiste à ne retenir que les thèses qui confortent nos idées et à rejeter sans les examiner les autres) et vous avez un cocktail parfait pour inonder la planète d’idiotie. Juliette BINOCHE est une des nombreuses victimes de la loi de Bandolini.