Beatles – la séparation. A qui la faute ?

Article du Point

Plus de cinquante ans après les faits, Paul McCartney tient à donner sa version… En avril 1970, il surprenait tout le monde en annonçant son départ des Beatles et le début d’une carrière solo en sortant son premier opus. Un coup de tonnerre que le musicien justifiait à l’époque en expliquant qu’il quittait le quatuor en raison de « désaccords personnels, financiers et artistiques ». Le groupe explose, les fans sont groggy et John Lennon est d’autant plus furieux qu’il soupçonne Paul d’avoir monté un coup médiatique pour mieux lancer son album…

Tout faux, explique aujourd’hui Mc Cartney dans une grande interview pour la BBC Radio 4, qui sera diffusée le 23 octobre, mais dont plusieurs extraits ont été publiés dans les médias britanniques. Ce départ fracassant lui a fait porter le chapeau de la séparation, mais, en réalité, c’est John Lennon le premier fautif. « Je n’ai pas été à l’origine de la rupture, c’est notre Johnny, a précisé le chanteur. C’était mon groupe, c’était mon travail, c’était ma vie, alors je voulais que ça continue », laissant entendre qu’il souhaitait poursuivre l’aventure aux côtés de Lennon, George Harrison et Ringo Starr. « John est entré un jour dans une pièce et a dit : “Je quitte les Beatles.” Et il a ajouté : “C’est assez excitant, c’est un peu comme un divorce.“ Nous, on n’avait plus qu’à ramasser les morceaux… »

À l’époque, le groupe essuie plusieurs tempêtes : leur manageur historique Brian Epstein est décédé, ils perdent la propriété de leur catalogue, des tensions apparaissent autour de leur nouvel agent Allen Klein, et font face à des problèmes administratifs et juridiques qui s’accumulent… Sans oublier l’arrivée de l’artiste avant-gardiste Yoko Ono dans la vie de John Lennon et du groupe, s’imposant souvent dans les studios d’enregistrement… « John se construisait une nouvelle vie avec Yoko, poursuit Mc Cartney sur la BBC. Il avait toujours voulu se libérer de la société. Il avait été élevé par sa tante Mimi, qui était répressive, alors il cherchait à se détacher. »

Tensions et procès

Après l’annonce de John Lennon, l’ambiance au sein des Fab Four devient évidemment irrespirable… Paul McCartney se montre irritable, voire dirigiste, il va bientôt engager des avocats pour récupérer son autonomie et ses droits, mais tous gardent le silence sur la fin prochaine du groupe, à la demande d’Allen Klein, qui négocie en sous-main de nouveaux accords commerciaux. « Pendant quelques mois, nous avons dû faire semblant. C’était bizarre, parce que nous savions tous que c’était la fin des Beatles, mais nous ne pouvions pas partir », se souvient McCartney. Il décide finalement d’envoyer tout balader à son tour en « crachant le morceau » au printemps 1970, quitte à passer pour le traître de la bande…

Ironie de l’histoire : après l’assassinat de John Lennon en 1980 et la mort de George Harrison, Mc Cartney reste désormais le témoin majeur de la légende des Beatles. Et se pose en fidèle gardien du temple concernant leur business et leur image… Il s’apprête ainsi à publier ses Mémoires le 2 novembre prochain (The Lyrics), revenant sur l’aventure du groupe et les 154 chansons qui ont façonné sa vie et ses 60 ans de carrière.