J’ai vu pour vous Get Back, le documentaire sur les Beatles de Peter Jackson

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Incroyable images exhumés des tiroirs de la BBC : des dizaines d’heures inédites de création, de franche rigolades, d’engueulades aussi, au milieu des sandwichs, de la fumée de gros cigares et de fils en tous genres courant vers les amplis, les consoles ou les caméras, le tout dans une lumière psychédélique. Dans ces archives de grande qualité, plusieurs choses vont sans doute frapper ceux qui pensaient connaitre par cœur l’histoire des Fab Four. Filmées en janvier 1969, c’est-à-dire, un peu moins d’un an avant la séparation du groupe (avril 70), ces images auraient dû montrer des débuts de fissures dans le monument construit 10 an plus tôt. Or, mises à part quelques remarques acerbes, on assiste à une vrai camaraderie, une complicité dans l’écriture où chacun, à l’exception de Starkey, apporte sa pierre à l’édifice.

L’omniprésence, pour ne pas dire le leadership de Mac Cartney est également surprenante. C’est lui qui donne le La, propose, modifie, conseille même Ringo STAR pour les parties « batterie » ou Georges HARRISON pour les solos de guitare. Si dans la première partie de l’histoire des Beatles (1962-1965), John LENNON, qui en fut le créateur, en était l’incontestable leader, la roue semble ici avoir tourné en faveur de Paul. John LENNON semble ailleurs. Il parle peu. Paul semble parfois irriter ses camarades par son perfectionnisme.

Dans le premier épisode, on assiste, médusé, en une dizaine de minutes à la création ex-nihilo par Paul de Get Back et de Maxwell silver hammer. Après quelques talonnements à la basse, la rythmique prend forme et, comme par magie la version, presque finale surgit de ses cordes de la Hoffner. Du bon boulot. Les tensions entre Paul et Georges voient le jour lors d’un dialogue mémorable, Georges finissant par proposer de faire « ce que tu veux’ voire je peux ne pas jouer du tout… ».

Les premières notes de ce qui sera l’après Beatles pour Paul (avec Linda) prennent forme avec Another day. Paul enchaine ensuite sur une esquisse au piano de The long and winding road, puis sur ce qui sera le medley de Abbey Road avec Golden slumbers (Abbey Road) et Carry that weight (Abbey Road) . Georges arrive en retard (avec comme simple excuse le besoin de manger), mais avec une de ses compositions. Il se place aussitôt à la batterie. On assiste à une improvisation des quatre sur des blues et on surprend la complicité entre Paul (qui chante le couplet) et John les contre temps. On est bien loin d’un groupe sur le point d’éclater. Tous reprennent une version rock de She came into the Bathroom window (Abbey Road). Linda semble sous le charme de son homme. Yoko est incroyablement silencieuse. Elle s’anime de temps en temps en se balançant sur sa chaise.

John tente une version rock de Across the universe assez réussi. Puis les premiers accord de Let it be résonnent sur le piano à queue amené pour l’occasuin.

A voir pour les amoureux de la marque.