Jean-Jacques ROUSSEAU et la loi naturelle

Quel était l’avis de Jean-Jacques ROUSSEAU sur l’existence d’une loi naturelle, c’est-à-dire d’une sorte de morale contraignante avant que l’homme ne soit civilisé, avant qu’il n’ait décidé de vivre en société dans le cadre d’un contrat social ?

Pour Jean-Jacques ROUSSEAU, l’homme naturel (qui vivait dans la nature avant l’apparition de villes) était :

  • bon (Hobbes pensait le contraire : l’homme est un loup pour l’homme) ; les seuls (très rares) conflits pouvant apparaître étaient liés à l’accès à la nourriture (qui n’appartenait à personne) ; la force pouvait alors être utilisée ;
  • entrait peu en contact avec ses semblables (ce qui est faux comme l’a montré l’anthropologie) ;
  • n’était pas rationnel (il ne réfléchissait pas, car il n’y avait pas de langage pour formuler des idées)
  • n’était pas fait pour la vie en société (Aristote pensait le contraire : l’homme est un animal politique) ;
  • n’était pas soumis à une morale contraignante (il suivait les seuls principes de la prudence et de la défense de son propre intérêt) ;
  • était doté d’un libre arbitre (et l’est toujours) ;
  • était gouverné par ses passions ;
  • disposait tout de même d’une conscience naturelle qui lui permettait de saisir les notions de bien et de mal.

Jean-Jacques ROUSSEAU (qui n’était pas athée) ne pensait pas non-plus qu’il existait une sorte de loi divine qui lui aurait intimé l’ordre de faire ce qui est bien et de lui interdire.

Ce fut par intérêt que l’homme choisit de vivre en société : la protection du groupe, le partage des richesses, la fin des conflits. Avec le développement du langage, puis de la raison, il put enfin comprendre les notions de bien et de mal puis les verbaliser. Mais la vie en société posa vite la question des règles de vie ». Il fallait éviter que le fort ne prenne l’ascendant sur la faible, comme on le voit dans la nature. Émergea la solution du contrat social (déjà présente chez Hobbes) : en s’associant, l’homme devait renoncer à son pouvoir de nuisance et en échange recevoir la puissance permise par le groupe. Les premières règles de vie en commun apparurent (Les lois). La morale fut donc le fruit du langage, de la raison et enfin de la vie en société. Cette morale devait avant tout défendre l’intérêt général.

La justice découla naturellement pour garantir que les lois s’appliquaient à tous de la même façon, puis une force de police pour, le cas échant, convaincre les récalcitrants. Sans force contraignant,e il n’y a pas de justice et donc pas de vie en société possible. c’est également pour cette raison que rousseau ne croit pas en un loi naturelle (aucune force de police, ni de justice ne sont là pour en contraindre l’application).