J’ai lu pour vous Dieu La Science Les Preuves – l’aube d’une révolution de Michel-Yves BOLLORE et Olivier BONNASSIES

Un livre de synthèse extrêmement bien documenté qui alimente la thèse déjà bien débattue d’un dessein intelligent à l’origine de l’Univers en général et de l’homme en particulier. Les auteurs en sont convaincus, Dieu Existe. Il est à l’origine du réglage fin des constantes de l’Univers (Vitesse de la lumière, constantes de Planck, Boltzmann, masse de l’électron, masse du proton, gravitation, forces électromagnétique, nucléaire fortes et faibles…). La démonstration tient en quelques mots : si ces réglages avaient été un peu différents (parfois d’une infime variation), l’Univers aurait été stérile. La probabilité que les constantes aient justement les bonnes valeurs est tellement faible qu’elle peut être considérée comme nulle. Le hasard est donc exclu. Un être extérieur à l’Univers a forcément été à l’œuvre.

On peut ici remarquer l’absence de référence au hasard mis en évidence en mécanique quantique : Einstein pensait bien que « Dieu ne jouait pas aux dés ». Niels BOHR argumenta le contraire : le hasard existe bel et bien lorsque l’on s’intéresse à l’infiniment petit (l’expérience d’Alain ASPECT donna raison au second). Par ailleurs, la conclusion quant l’existence d’un créateur est un un peu hâtive :on pourrait tout à fait postuler l’existence de quelque chose que l’on ne comprend pas sans pour autant faire appel à une divinité.

Les éditions des Chavonnes ont aimé :

La seconde partie de l’ouvrage est assez convaincante : elle s’intéresse au mystère de l’apparition de la vie sur terre. Aucune explication raisonnable ne permet d’expliquer le passage de la matière inerte (premiers acides aminés) à la matière vivante (cellules).

La troisième partie s’intéresse au théorème d’incomplétude de GÖDEL : ce logicien a démontré que, dans un système logique (par exemple l’arithmétique), il existe des propositions vraies qui sont indémontrables. Les auteurs font alors une corrélation en affirmant que dans l’Univers (un système), il restera toujours des éléments qui échapperont à l’esprit humain (qui fait partie de ce système). Ils en déduisent qu’il existe un système plus grand (Dieu) nécessaire à la création de l’Univers et qui échappera toujours à notre logique.

La quatrième partie de l’ouvrage vise à démontrer que la Bible, notamment son chapitre I : La Genèse, qui décrit la création de l’Univers et de l’homme, est parfaitement compatible avec les dernières découvertes scientifiques : « Et la lumière fut » ferait, par exemple, référence à l’instant précis (380 00 années après le Big Bang) de libération des photons qui, pour la première fois, ont pu s’échapper de la soupe primordiale (cet instant est d’ailleurs visible dans le rayonnement fossile découvert par hasard par WILSON et PENZIAS en 1964). Les auteurs insistent sur le caractère novateur de cette Bible qui s’inscrit, en opposition aux cosmogonies voisines (assyriennes, égyptiennes, sumériennes,…), dans une logique de Dieu unique et créateur situé à l’extérieur de l’Univers (qui aurait un début et une fin).

On peut faire remarquer aux auteurs les nombreux anachronismes mis en évidence dans la Bible. On peut également appelé leur attention sur les nombreux emprunts de la Bible aux textes plus anciens, notamment sumériens (épopée de Gilgamesh ). Par ailleurs, le fait de voir des concordances entre la Genèse et la théorie du Big-Bang démontre juste qu’il y a des concordances, à la rigueur troublantes, mais seulement des concordances.

J’ai lu pour vous Dieu La Science Les Preuves – l’aube d’une révolution de Michel-Yves BOLLORE et Olivier BONNASSIES

Ce livre illustre la fameuse citation de Jean-Paul II (et de Pasteur) : un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science en rapproche. En effet, le XVIIIème siècle et le XIXème siècle ont été en occident l’ère de l’esprit critique, de la lecture des œuvres sacrées avec l’œil de la raison. Trois frustrations ont alors piqué l’homme dans son orgueil : COPERNIC a montré que la terre n’est pas au centre de l’Univers, ce qui était impensable pour les théologiens : imaginer que Dieu ait installé sa créature sur une planète périphérique n’était pas concevable. Ensuite, DARWIN a montré que l’homme n’était que le dernier descendant d’une longue lignée de créatures ; crime de lèse majesté ! Enfin, FREUD a montré que l’homme n’est même pas maître dans sa propre maison : ses pensées, désirs lui sont imposés par la nécessité de l’espèce.

Bref, jusqu’à la fin du XIXème siècle, la religion, au sens Testaments du terme, n’a fait que reculer. Mais démontrer la fausseté des textes sacrés ne démontre pas l’inexistence de Dieu ou au moins d’un principe créateur à l’origine de toutes choses.

La mort thermique de l’Univers

En 1824, Sadi CARNOT met en place les éléments d’une nouvelle science : la thermodynamique. Le second principe (que l’on doit à Ludwig BOLZMANN) conduit à considérer que tout système tend vers toujours plus d’épuisement, de désordre, comme un feu qui finit par s’éteindre. Et ce second principe s’applique à l’Univers tout entier. Ce dernier finira donc par s’éteindre dans un vide sidéral. C’est ce que met en évidence Lord KELVIN et Hermann VON HELMOZ. Et s’il a une fin, c’est qu’il a eu un début ! Voilà qui heurte les convictions des matérialistes du XIXème siècle qui juraient que l’Univers étaitéternel et qu’il l’a toujours été.

1905. L’annus mirabilis. EINSTEIN développe sa théorie de la relativité qui li l’espace et le temps. Il fait partie de la caste des matérialistes qui pensent que l’Univers est éternel. Alexander FRIEDMAN, un russe, étudie ses équations et trouve une solution montrant le caractère dynamique l’Univers. EINSTEIN persiste ; il introduit dans ses équations une constate cosmologique qui permet de sauver la stabilité de l’Univers, mais pour un temps seulement. Georges LEMAÎTRE, un moine jésuite belge, confirme les calculs de FRIEDMAN. HUBBLE met le coup de grâce en observant en 1929, sur le télescope du mont WILSON, le décalage vers le rouge des galaxies les plus lointaines.

Deux techniciens (WILSON et PENZIAS) font en 1964 une découverte sensationnelle. Quelques années plus tôt George GAMOW avait prédit (1948) l’existence d’un rayonnement fossile, mesurable en tout point, qui aurait été émis dans les premiers instants de l’Univers. Les deux techniciens captent par hasard ce rayonnement. Le doute n’est plus permis. La théorie du Big-Bang initial (expression que l’on doit à Fred HOYLE) est vérifiée. EINSTEIN reconnait alors son erreur : l’Univers est bel et bien en expansion. Il aura une fin et a donc eu un début, un instant zéro, enfin pas tout à fait : Max PLANCK, le père de la mécanique quantique, a donné son nom au temps de Planck (10-43 seconde). C’est l’instant en-deçà duquel on ne peut pas descendre. Les auteurs donnent alors une première conclusion : il a existé dans cette « ère de Planck », un être immatériel, intemporel et non-spatial qui a permis l’apparition de l’Univers. On peut ici leur reprocher d’aller vite en besogne en l’appelant « Dieu ». On pourrait tout à fait « le principe que l’on ne sait pas expliquer ».

Les auteurs font alors l’histoire de la lutte des matérialistes (communistes (matérialisme dialectique de Hegel) , nazis) contre cette théorie qui remet Dieu en selle.

La biologie

La découverte par Francis CRICK en 1962 de l’ADN a fait sensation. L’homme est donc « codé », programmé dans une chaîne de bases azotées. DARWIN pourrait-il expliquer une telle structure en double hélice. Un expérience célèbre de Stanley MILLER en 1953 a permis de montrer qu’à partir d’une atmosphère primordiale (celle qui devait régner sur terre à ses débuts), on peut fabriquer des acides aminés, qui sont les brisques premières de la vie. L’évolution peut aussi expliquer, à partir d’une première cellule, l’évolution d’organisme plus complexe. Mais comment passe-t-on de la matière inanimée, inerte à la vie ? Les auteurs montrent que le plus petit organisme connu se situe à des années lumières des briques construites par MILLER. En particulier, elle contient des protéines dont la complexité exclut toute apparition « par hasard ». De même, pour fabriquer des protéines à partir du code (ARNm), la cellule dispose de ribosomes, constitués… de protéines !!! C’est la version moderne de la poule et de l’œuf. Par ailleurs, l’ADN, pour être stable, doit être enfermé dans le noyau de la cellule qui a besoin, pour se reproduire, de l’ADN : autre version de la poule et de l’œuf. Les auteurs donnent pas mal d’exemple qui montrent que la vie a eu besoin d’un coup de pouce, d’un grand designer, pour apparaître. Des savants calculs probabilistes montrent des chiffres gigantesques qui ne permettent pas au hasard d’entrer dans l’équation. Et si ce n’est pas le hasard, c’est qu’un processus intelligent réfléchi a été à l’oeuvre.

Une structure telle que l’ADN ne peut pas être apparue par hasard. Francis CRICK – prix Nobel 1962.

Le balancier de la science

Il y a plusieurs façons d’envisager Dieu :

  1. croire au dieu décrits par les textes sacrés (théistes) ;
  2. croire en un principe créateur (déistes) indépendant des textes ;
  3. rester dans l’ignorance (agnostiques) ;
  4. affirmer que Dieu n’existe pas.

La dernière option n’est pas tenable : personne ne peut démontrer l’inexistence de Dieu. (GÖDEL a ainsi démontrer que dans un système logique, il restera toujours des propositions non-décidables). La première non-plus, tant la science a montré l’inexactitude des affirmations.

Il reste donc les options 2 et 3. Les auteurs ont clairement choisi la 2 sur la base d’une conviction d’un dessein intelligent, réfléchi qui, depuis les premiers soubresauts de l’Univers, a organisé la matière de telle sorte qu’apparaissent la juste proportion d’hydrogène et d’hélium, pour que l’expansion de l’Univers se fasse à une vitesse optimum laissant le temps à l’apparition des étoiles, permettant ainsi la création des autres éléments essentiels et notamment le carbone, pour que finalement apparaisse la vie.

Jésus et la Bible

C’est sans doute la partie la moins convaincante du livre. Les auteurs s’attardent à démontrer que Jésus a existé. Bon… Et alors… La question est plutôt de savoir si c’était un illuminé comme il y en avait beaucoup à cette époque ou s’il était d’essence divine. A 2000 ans de là, difficile de mener l’enquête même si les auteurs n’hésitent pas à le faire.

Les juifs : un peuple extraordinaire

Oui, sans doute. Petit peuple, mais grande longévité en milieu particulièrement hostile. Et alors ? Les Chinois aussi… Le fait que le texte de la Bible ait recopié intégralement des passages de textes sumériens est évoqué mais rapidement évacué. Le fait que ce peuple persécuté de tout temps ait eu un destin extraordinaire démontre juste le caractère extraordinaire du destin, rien de plus. Paul Mc Cartney aussi a eu un destin extraordinaire et on ne peut guère conclure à son essence divine.

Le miracle de Fatima

Si tout ce que raconte les auteurs est vrai, les évènements sont en effet troublant. Un soleil qui danse ! Et devant 70 000 personnes médusées. Pourquoi la sainte Vierge a-t-elle choisi ce type de manifestation plutôt que d’apparaitre et de dire, une fois pour toute, j’existe croyez en moi. La presse convoquée aurait alors, sans ambiguïté, confirmer le miracle. Les auteurs confondent ensuite coïncidence (corrélation) et démonstration : la chute du mur de Berlin, la tentative assassinat de Jean-Paul II, tout était écrit dans Fatima. autant la première partie se veut scientifique, autant la seconde laisse à désirer, une sorte d’effet tunnel où les auteurs sont enfermés pour trouver les éléments qui apportent de l’eau au moulin de leur thèse.

En synthèse

Les auteurs ont réussi à me convaincre (je l’étais déjà) qu’une bonne partie du savoir échappe et échappera at vitam eternam à notre esprit humain. Il existe quelque chose de plus grand que l’univers, intemporel, non-spatial que nous ne pourrons jamais saisir. Le passage de la matière inerte à la matière vivante échappe également à notre entendement et est rempli de paradoxe (du type de la poule et l’œuf.) On peut effectivement appeler Dieu ces étrangetés ou « quelque chose que l’ion ne comprend pas ». Le destin intelligent conduisant inéluctablement à l’homme n’est pas démontré. Pourquoi diable le monde est-il passé par l’inutile étape des dinosaures ? Si la météorites n’avaient pas emporté ces grands sauriens, nous ne serions pas là… Quant à la véracité de la Bible, une lecture attentive de l’archéologue Finkelstein montre au contraire le caractère parfaitement humain des rédacteurs du texte écrit au moment de l’exile à Babylone dans un objectif : préserver l’unité et la cohésion du groupe qui menaçait de se dissoudre.