L’abstentionniste

Surpris par la pléthore de candidats, nous le sommes encore plus par les abstentionnistes. Du choix, nous semble-t-il, il y en a : de l’extrême droite à l’extrême gauche, du communisme révolutionnaire à tendance trotskiste ou , plus classique, tendance marxiste-léniniste, en passant par toutes les couleurs vertes et roses de la politique, jusqu’au bleu foncé, il est difficile de dire « aucun ne répond à mes attentes… » . Et pourtant, vous en connaissez…

Est-ce la véritable raison qui pousse l’abstentionniste à ne pas voter ? Nous soustrayons ici les amoureux de la pêche ou de la chasse-à-cour) qui préfèrent sincèrement une journée de printemps à la campagne. Nous parlons ici des vrais abstentionnistes, ceux qui disent : « C’est la première fois que je ne vais pas voter car personne n’est à la hauteur !  » Quelle vanité tout de même. Il est vrai qu’il est plus facile d’exister, de ce faire remarquer en société, en étant « contre ». Être pour, c’est, en quelque sorte, se fondre dans la masse informe du peuple et quelque part disparaitre. Y-a-t-il, comme le dit Raphaël ENTHOVEN, du snobisme dans l’abstention volontaire ? Du : « Moi je comprends les enjeux mieux qui quiconque ? ».

ET puis, dire pour qui l’on vote, c’est s’exposer à la contradiction. C’est devoir argumenter, prendre position sur des sujets difficiles… Bref, c’est fatiguant et courir le risque de trouver, en face de soi, un meilleur débatteur. Bref il a a du confort dans le choix de l’abstentionniste. En termes de ratio coût/efficacité, il est facile de démontrer que la meilleur position est celle de l’abstentionniste. Elle permet d’entretenir un certain mystère autour de sa personne, de se donner de l’importance avec un faible investissement.

Bref, pensez-y la semaine prochaine. Interrogez-vous sur votre situation personnelle. N’y-a-t-il vraiment personne qui emporte votre suffrage ? Et si c’est le cas, soyez force de proposition, presentez votre projet…