Une presse irresponsable

Lorsque la presse a oublié ses fondamentaux, son rôle de contre-pouvoir pour se vautrer dans le sensationnel, elle perd son âme : elle diffuse de la fausse information et oublie, la plupart du temps, de corriger les dégâts dont elle est à l’origine, laissant les mis en cause (etat, industrie, personne publique…), ramer à contre-courant pour réparer leur image. Car il est facile de détruire, bien plus compliquer de reconstruire. Une rumeur mettra un quart d’heure a faire le tour de la terre, si elle véhicule du croustillant, du sexy, de la mise en cause… Son démenti mettra plusieurs années à diffuser : voici plusieurs exemples

Le scandale de la Josacine

Voilà un médicament qui n’avait jamais posé problème jusqu’en 1994 : Selon Wikipedia, Émilie Tanay, 9 ans, invitée pour le week-end chez Jean-Michel et Sylvie Tocqueville, meurt à la suite de sa prise quotidienne. Résultat, on retire le médicament du marché. La Josacine est rapidement mise en cause, mais des analyses  montent qu’il s’agit en fait d’une affaire crapuleuse : Jean-Marc Deperrois est accusé d’avoir empoisonné ce médicament pour tuer Jean-Michel Tocqueville, provoquant ainsi par erreur le décès de la fillette. Il est reconnu coupable d’empoisonnement avec préméditation de la petite Émilie Tanay et condamné à vingt ans de réclusion criminelle le 25 mai 1997 par la cour d’assises de Seine-Maritime. On pourrait ainsi croire l’affaire close. Mais voilà, les gros titres de 94 mettant en cause le médicament ont la dent dure. La presse ayant négligé le travail de démenti (pas assez vendeur),  25 ans plus tard, dans l’inconscient collectif, la Josacine reste le médicament à l’origine de la mort de la fillette.

Le vaccin contre l’hépatite B

Plusieurs cas de sclérose en plaques ont été signalé après une vaccination contre l’hépatite B. Scandale ! Mise en cause du laboratoire, gros titres. La presse fait son travail. On se relève à peine de l’affaire du sang contaminé. La ministre arrête les vaccinations des enfants. Dans l’inconscient collectif, le lien entre le vaccin et la maladie ne fait plus aucun doute : on accorde toujours plus de crédit à la presse qu’aux lobbys de pharmaciens. Pourtant, les études se sont depuis accumulées pour constater qu’il n’y avait pas de corrélation statistique réellement significative entre la vaccination contre l’hépatite B et la maladie. Rien ne permet donc aujourd’hui d’établir un lien de cause à effet entre les deux. Pire, le défaut de vaccination fait courir un grave risque de santé publique : l’hépatite B est devenue la maladie sexuellement transmissible la plus répandue en France. 15 minutes pour faire peur, créer le scandale ! Combien de décennie pour rétablir la vérité ?

 

 

 

 

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